Prestation de serment de la présidente de transition centrafricaine : Firmin Ayessa a salué la détermination et l’optimisme de Catherine Samba-Panza

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Elue le 20 janvier 2014, avec 75 voix par les conseillers nationaux, Catherine Samba-Panza, 58 ans, a prêté serment, le 23 janvier dernier, au siège de l’assemblée nationale, à Bangui, devant la cour constitutionnelle de transition, au cours d’une audience solennelle présidée par Honoré Ndouba, président de ladite institution. C’était en présence de Ferdinand Alexandre Nguendet, président de la transition par intérim, Ali Bongo Ondimba, président de la République Gabonaise, Mme Léa Koyassoum Doumta, présidente par intérim du C.n.t (Conseil national de transition), des représentants des chefs d’Etat...

le premier ministre camerounais, Laurent Fabius, ministre français des affaires étrangères, qui a quitté la salle avant la prestation de serment, Firmin Ayessa, ministre d’Etat, directeur de cabinet du président Denis Sassou Nguesso, médiateur et président du comité de suivi de la crise centrafricaine, qu’accompagnait Basile Ikouebé, ministre des affaires étrangères et de la coopération.  Il y avait aussi les ministres tchadien des affaires étrangères et celui de la République Démocratique du Congo, les représentants de la C.e.e.a.c, la Cémac, l’Union africaine, les membres du gouvernement de transition centrafricaine, l’ancien premier ministre, chef du gouvernement d’union nationale de transition sortant, Nicolas Tiangaye, les corps diplomatiques et consulaires, les hauts-fonctionnaires et autres invités.

L’audience solennelle qui a duré près d’une heure trente minutes, comportait une seule affaire à son ordre du jour, à savoir: la prestation de serment de la présidente de transition centrafricaine. La salle archicomble et très sécurisée par les éléments de la Misca (Mission internationale de soutien à la Centrafrique), que dirige le général de division Jean Marie Michel Mokoko, et les troupes de l’opération Sangaris, s’est avérée petite, au regard de l’ampleur de l’événement.
A 15h13, la présidente de transition, Catherine Samba-Panza, faisait son entrée dans la salle, sous les acclamations et les honneurs militaires. Peu après, suivait le président de la transition sortant, Ferdinand Alexandre Nguendet. Sur ordre du président de la cour constitutionnelle de transition, le greffier en chef a donné lecteur du procès-verbal relatif à l’élection de Mme Catherine Samba-Panza, à l’issue d’une élection rythmée et à rebondissement.
Par la suite, celle-ci a été invitée par le président de la cour a prêté serment. Main gauche sur la charte de transition et main droite levée, tendue et ouverte, la nouvelle présidente de transition, de rose vêtue, cheveux naturels, a récité en lisant, le serment constitutionnel, en jurant devant Dieu et la nation, d’observer, scrupuleusement, la charte constitutionnelle de la transition.
Après avoir pris acte de sa prestation de serment, le président de la cour constitutionnelle de transition, Honoré Ndouba, a prononcé la formule d’installation de l’élue, dans ses fonctions de présidente de transition, pour un mandat de 12 mois. Elle a été élevée à la dignité de grande croix de l’ordre national du mérite centrafricain et a reçu les symboles de la République, à savoir: l’étendard, le bouclier et couteau du sanglier et la calebasse d’abondance.
Dans son allocution, Honoré Ndouba, qui n’a pas tenu la langue de bois, a fait savoir à Catherine Samba-Panza que l’immensité de sa mission de chef de transition d’un pays qui revient de très loin va solliciter, certainement, d’elle des mesures politiques très courageuses. «N’hésitez pas à prendre ces mesures, si nécessaires», a-t-il dit, et d’ajouter: «La courte durée de prescription de la transition exige du gouvernement qui sera formé, une solidarité gouvernementale dynamique, efficace et soudée et non pas une équipe gouvernementale caractérisée par des manœuvres, intrigues, des coups bas et un manque de sincérité entre ses membres».
Prononçant son premier discours en tant que présidente de transition élue, Catherine Samba-Panza a renouvelé ses remerciements au C.n.t et à la communauté internationale pour le soutien en faveur de son pays qui, selon elle, traverse des moments difficiles et pénibles de son histoire. Tout particulièrement, elle a tenu à remercier les présidents Denis Sassou Nguesso et Idriss Déby Itno, pour leurs efforts constants et leur implication personnelle et active en faveur de la paix et la stabilisation de son pays.
En outre, la nouvelle présidente de la transition centrafricaine a exhorté les Etats parties prenantes à la réunion de Bruxelles, organisée par les Nation unies et la commission européenne, le 20 janvier dernier, à tenir leurs promesses.
Tout en reconnaissant l’état chaotique de son pays au moment où elle prête serment, Catherine Samba-Panza a mesuré le poids de la responsabilité qui est la sienne. C’est pourquoi, elle a estimé, dans un premier temps, que les défis à relever sont d’ordre sécuritaire, humanitaire et socio-économique.
Interrogé, le ministre d’Etat Firmin Ayessa, qui conduisait la délégation congolaise à cette cérémonie de prestation de serment, a indiqué que l’élection de Mme Catherine Samba-Panza est une victoire pour les Centrafricains. «Nos frères et amis de la Centrafrique ont pris conscience du chaos dans lequel se trouve leur pays», a souligné le ministre d’Etat qui pense que le plus dur commence pour la RCA qui attendra du Congo, «une contribution à la hauteur de ses possibilités».
A ce titre, le représentant personnel du chef de l’Etat congolais a réaffirmé l’appui financier du Congo à la Centrafrique.  «Le Congo est toujours aux côtés de ce pays. De façon concrète, nous apportons un soutien à la Centrafrique, non pas seulement, par l’implication du président dans la médiation et le comité de suive de la crise mis en place par la C.e.e.a.c, mais également un appui financier important qui a permis au pays, il y a quelques mois, d’honorer les salaires de ses fonctionnaires».
Malgré cet effort, Firmin Ayessa pense que la RCA n’est pas toujours sortie de l’ornière, «elle est, plutôt, en train de s’enfoncer. L’effort financier est un effort collectif aussi de la C.e.e.a.c. Le Congo n’est pas seul. Je crois que le président Denis Sassou Nguesso, en sa qualité de médiateur, va demander à ses pairs de la C.e.e.a.c de faire en sorte que très rapidement, quelques soutiens financiers soient apportés à nos amis de la RCA, pour permettre à l’Etat de commencer à fonctionner, parce que l’état de grâce dont jouit aujourd’hui Mme Catherine Samba-Panza et le gouvernement qu’elle va mettre en place, pourra s’effondrer au bout de deux ou trois semaines seulement», si un soutien financier ne lui est pas apporté. Portant son jugement sur la nouvelle présidente de transition, le représentant personnel du chef de l’Etat congolais a, simplement, dit que c’est une grande dame. «Nous avons été impressionné par sa détermination, son optimisme, la maîtrise et la conscience qu’elle a des enjeux qui l’attendent. Ce qui est bien, c’est qu’elle a conclu, en nous disons que ça va aller», a-t-il confié.
Après sa prestation de serment, la nouvelle présidente centrafricaine a nommé, le 25 janvier dernier, son premier ministre, en la personne d’André Nzapayéké, 62 ans, qui était, jusque-là, vice-président de la B.d.e.a.c (Banque de développement des Etats d’Afrique centrale), dont le siège est à Brazzaville.

Cyr Armel YABBAT-NGO
Envoyé spécial à Bangui

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