Club 2002-P.u.r (Parti pour l’unité et la République) : Guy Wilfrid César Nguesso dissout son parti pour se consacrer au ministère de Dieu

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Le Club 2002-P.u.r (Parti pour l’unité et la République) n’existe plus! Et pour cause, le président national de cette formation politique affiliée à la majorité présidentielle, Guy Wilfrid César Nguesso, suite à l’appel, selon lui, reçu de Dieu, de servir au ministère pastoral, a décidé de dissoudre son parti, au grand dam et à la surprise générale des cadres, militants et sympathisants, réunis jeudi 30 janvier 2014, dans la salle de conférence de l’hôtel Atlantic palace, pour célébrer le 12ème anniversaire du parti. «Je pense que le parti a joué son rôle tel que Dieu le voulait.

Le même qui, hier, m’a demandé de le créer, le même Dieu m’appelle à cesser toutes activités politiques et à être à son service», a soutenu Wilfrid César Nguesso.
Porté sur les fonts baptismaux le 30 janvier 2002, d’abord en tant qu’association politique, avant de devenir parti politique, en septembre 2007, le Club 2002 P.u.r n’existe plus. Selon son fondateur qui l’a dissout, un congrès extraordinaire sera convoqué dans les tout prochains jours, pour entériner la décision annoncée par son président.
A Pointe-Noire, la ville océane qu’il a choisie pour l’annoncer,  cette dissolution a eu l’effet d’un véritable pavé dans la mare et le microcosme politique ponténegrin ne parlait plus que de cette décision inattendue et surprenante.
Après avoir célébré, avec faste, son 10ème anniversaire, le 30 janvier 2012, dans une ambiance festive, de retrouvailles et de camaraderie, au «Chapit ô de Ben’tsi», au quartier Mpila, à Brazzaville, le Club 2002-P.u.r défraie la chronique, depuis l’annonce de sa dissolution. La célébration de son 12ème anniversaire s’est, plutôt, transformée en une annonce, qui a surpris plus d’un observateur, en premier lieu, les cadres, militants et sympathisants de ce parti créé pour défendre les idéaux et les actions du président de la République, Denis Sassou Nguesso, et qui avait refusé d’être «avalé», par le P.c.t, à l’instar d’autres partis de la majorité, en juillet 2011.
Durant ses 12 ans d’existence, le parti de Guy Wilfrid César Nguesso a connu des succès, mais aussi des échecs, heurtant, parfois, certaines sensibilités idéologiques où certains de ses cadres appelés lors des scrutins législatifs à se retirer de la course pour soutenir les candidats du P.c.t (Parti congolais du travail).
Refusant d’être un géant aux pieds d’argile, le Club 2002 P.u.r, dès sa première année de création, avait, déjà, des élus dans les deux chambres parlementaires et dans tous les conseils locaux. Mais, très vite, cet espoir s’est étiolé, laissant place à la désillusion et au désespoir. Le parti a commencé à s’effriter, enregistrant, par la même occasion, de nombreuses défections.
D’ailleurs, lors de son toast prononcé au cours du 10ème anniversaire de son parti, Guy Wilfrid César Nguesso exprimait sa reconnaissance à tous ceux des camarades qui, pour des raisons quelconques, ont quitté le parti. A l’endroit de ceux qui ont fait le libre choix de demeurer au parti, il leur a, simplement, fait savoir que c’est grâce à leur fidélité et soutien que le parti a maintenu le cap.
Comme prémices de cette dissolution, il y a lieu de remonter dans le temps. Déjà, le 30 janvier 2007, Guy Wilfrid César Nguesso appelait les cadres, militants et sympathisants de son parti à avoir «la crainte de Dieu», en ayant un comportement exemplaire. Le 17 juillet 2013, à la mairie centrale, il clôturait sa déclaration appelant ses militants et sympathisants à se mobiliser pour le recensement administratif spécial, par cette expression: «Que Dieu bénisse le Congo». L’on comprend que Dieu occupait, déjà, une place importante dans le cœur de ce jeune acteur politique, qui a décidé de se retirer de la vie politique.
Au 12ème anniversaire de son parti, Guy Wilfrid César Nguesso a plutôt surpris l’assistance, en optant pour le ministère religieux. Car, «il y a un temps pour tout, un temps pour toute chose sous les cieux: un temps pour naître et un temps pour mourir»: dit l’ecclésiaste. Aussi, un temps pour créer un parti politique et un temps pour le dissoudre.
La cérémonie du 12ème anniversaire avait, pourtant, commencé dans l’apothéose: slogan du parti, suivi de l’hymne national. Sans en connaître l’issue, Me Gilles Péna-Pitra, président départemental du parti de la ville de Pointe-Noire, après avoir présenté les vœux au président du parti, a, au nom des militants et sympathisants, souhaité que l’année 2014 soit une année d’espoir et de gratitude. «Il vous revient, camarade président, de raviver la flamme et de donner à cet auditoire attentif, toutes les orientations devant remobiliser ces forces vives assez disponibles, pour garantir ses succès aux prochaines élections locales et apporter ainsi sa contribution au débat national de maintien de la démocratie dans notre pays, au sein de la majorité présidentielle et en avant vers l’émergence de notre pays, en 2025», a-t-il dit, sans savoir que le même parti n’allait plus exister, quelques minutes après.
En effet, dans un ton plein d’émotion, Guy Wilfrid César Nguesso a, simplement, surpris son auditoire. «A un moment donné dans la vie, il faut savoir faire le choix. Et moi, je pense que le choix le plus important de ma vie, c’est de servir le Seigneur, puisqu’il m’a appelé. Je pense que, pour moi c’est important que le reste. Le salut, la couronne de la vie éternelle n’ont pas de prix pour moi», a-t-il renchéri, tout en justifiant cette décision par un appel, dont il dit qu’il a reçu de Dieu, un appel lui demandant de se mettre à son service.
«C’est un instant difficile, pour moi, un moment rempli d’émotion, parce que j’ai une information très importante à vous livrer», s’est-il exclamé et d’ajouter: «J’ai reçu un appel au ministère pastoral et donc, j’ai décidé de répondre à cet appel, en tant que serviteur et disciple de Jésus-Christ. Dans les mois qui viennent, je vais me consacrer, totalement, à ce ministère».
Abasourdie, l’assistance n’en revenait pas et ne croyait pas à ce qu’elle venait d’entendre. Comme un coup de massue, cette nouvelle a fait frémir, alors qu’il poursuivit son propos: «Je vous informe, en ce qui me concerne en tant que visionnaire, formateur et président du Club 2002, qu’aujour-d’hui, c’est la cessation de toutes les activités du parti. Naturellement, il y aura un congrès extraordinaire, qui se tiendra dans les jours prochains, consacré à la dissolution du parti», a-t-il dit.
Par ailleurs, en évangéliste annoncé, il a exhorté l’auditoire à chercher et à connaître Dieu. Car, selon lui, la création de son parti était une inspiration de Dieu et sa plus grande victoire est celle d’avoir su créer une dynamique pour faire avancer les choses, en soutenant le président de la République et de l’accompagner à instaurer la paix dans le pays, à asseoir la démocratie et l’unité nationale, après la guerre de 1997. A ce titre, il a estimé que c’est cela leur grande victoire. «Je pense que le parti a joué son rôle tel que Dieu qui, hier, m’a demandé de le créer, le même Dieu m’appelle à cesser toutes les activités politiques et à être à son service», a fait savoir l’orateur, qui a reconnu que ce nouveau cap n’a pas été facile à prendre. Désormais, Guy Wilfrid César Nguesso est devenu un homme de Dieu qui n’a plus rien à voir avec la politique.

Cyr Armel YABBAT-NGO
& Noëllie BOUANGA


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