D.g.t.t (Direction générale des transports terrestres) : Lancement d’une opération d’implantation des panneaux de signalisation dans les principales villes du pays

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La D.g.t.t (Direction générale des transports terrestres) a lancé, depuis plus de deux semaines, une opération d’implantation des panneaux de signalisation dans les principales villes du pays. Celle-ci a commencé à Brazzaville. Dans l’interview qu’il nous a accordée, mardi 4 avril dernier, Placide Mpan, ingénieur des ponts et chaussées, directeur général des transports terrestres...()

, qui ne ménage aucun effort pour redorer le blason de cette structure administrative relevant du Ministère des transports, de l’aviation civile et de la marine marchande, parle de cette opération d’implantation des panneaux de signalisation dans les principales villes du pays, pour la sûreté de la circulation automobile. Interview.

* Monsieur le directeur général, depuis quelques temps, vous avez repris avec l’implantation des panneaux de signalisation de la circulation automobile, notamment à Brazzaville. Est-ce une opération relevant de votre plan d’actions actuel?
** Effectivement, cela fait partie de nos préoccupations. Mais, disons que nous avons reçu une orientation particulière de notre tutelle, le Ministère des transports, pour qu’on mette un accent sur l’implantation des panneaux de circulation. Nous avons commencé à le faire avec nos moyens de bord. C’est une opération qui avait été programmée au niveau national dans le cadre du budget d’investissement. Malheureusement, la conjecture actuelle ne le permet pas. Mais, nous nous efforçons avec les moyens de bord, avec les contributions de nos structures départementales, pour lancer cette opération.
Nous l’avons commencée au niveau du Centre de santé de Moukondo où certaines voies ont été mises à sens unique le matin, pour juguler tant soit peu les conflits qui s’y passent entre les automobilistes. De là, nous sommes allés au niveau du rond-point Jacques Opangault où nous avons mis aussi un panneau à sens interdit, pour limiter les flux au niveau de ce carrefour. L’opération a continué devant la mairie de Moungali où, aux heures de pointe, il y a très souvent des conflits pour les tourne-à-gauche. Nous avons pensé qu’il fallait mettre la voie descendante qui part du rond-point Grand-maison jusqu’à la devanture de la mairie de Moungali, à sens unique. Au niveau de la Primature (sur la façade principale), il ne faut pas qu’il y ait une circulation intempestive. Donc, nous avons ordonné la circulation en mettant deux panneaux qui interdisent à la fois l’arrêt et le stationnement devant cet édifice où travaille le Premier ministre.

* Comment l’opération s’effectuera-t-elle sur toute l’étendue du territoire national? Après Brazzaville, quelle sera la prochaine étape et sous quelle durée?
** La prochaine étape, ce sera les routes nationales n°1 et 2. Après, ça sera le tour de la ville de Pointe-Noire et toutes les grandes villes qui, aujourd’hui, ont connu la politique de municipalisation accélérée. Nous pensons que dans ces villes où la population urbaine s’accroît au jour le jour, il faut veiller à la sécurité routière.

* En termes de moyens financiers, combien vous faut-il pour couvrir tout le pays en panneaux de signalisation?
** Dans nos premières estimations, nous avions projeté de couvrir la ville de Pointe-Noire et la ville de Brazzaville et les routes nationales n°1 et 2 avec un budget d’un milliard cinq cent millions de francs Cfa. Vous savez que c’est une opération qui ne peut pas se faire d’un seul coup. Nous allons progressivement, en fonction de la disponibilité des budgets. C’est dans ce sens que nous avons programmé la première phase qui comprend Brazzaville, les routes nationales n°1 et 2 et Pointe-Noire.
 
* Dans ce projet, quelles sont les différentes parties prenantes, c’est-à-dire les partenaires ou les services qui vous accompagnent?
** Dans cette campagne, nos partenaires les plus immédiats, c’est le Ministère de la défense nationale et le Ministère de l’intérieur, à travers la gendarmerie et la police, parce que nous règlementons et ce sont ces deux corps de la force publique qui font le contrôle de règlementation sur les routes. C’est tout à fait normal que nous les associons dans les différentes opérations d’implantation des panneaux de signalisation sur les routes.

* Quel est actuellement l’état de la circulation routière au Congo?
** L’état de la circulation routière n’est pas très satisfaisant du moment où les routes manquent de panneaux, du moment où les accidents de la route vont croissants. Cela nous interpelle en tant qu’administration qui régule et règlemente aussi la circulation automobile. Mais, il faut comprendre que nous sommes une administration; nous avons donc des missions. Mais aux missions, il faut aussi des moyens pour les réaliser. Pour ne pas rester dans le laxisme, nous nous battons avec les structures départementales, pour essayer d’apporter tant soit peu des solutions au phénomène qui gangrène la société avec des accidents qui nous endeuillent au jour le jour. Donc, il va falloir que nous nous levions et que nous sollicitions aussi l’aide de nos partenaires tels que les maisons d’assurance, les maisons qui vendent des véhicules, afin qu’ils nous viennent en aide, même en nature, pour pouvoir tenter de juguler ces phénomènes que nous vivons au jour le jour sur nos routes.
 
* A propos du phénomène des accidents que vous décriez, peut-on avoir une estimation sur les deux ou trois dernières années sur les accidents au Congo?
** Disons que les deux dernières années, notamment 2015 et 2016, il y a une légère baisse surtout en milieu urbain qui est plus accidentogène que les routes nationales. Cela se comprend du fait qu’en ville, le taux de motorisation est plus élevé. Aujourd’hui, dans les ménages congolais, on peut trouver au moins un véhicule. C’est déjà très important. Plus la ville croît, plus le taux de motorisation croît aussi. Donc, il faut une politique drastique pour pouvoir juguler ces externalités liées aux accidents qui nous endeuillent et cela ne peut passer que par une véritable volonté politique. Nous, les techniciens, nous sommes là. Mais il faudrait qu’il y ait une véritable volonté politique pour accompagner le Ministère des transports dans les orientations qui sont élaborées par les administrations techniques que nous sommes. On a beau avoir les plans les plus drastiques pour lutter contre ce phénomène, mais s’il n’y a pas de moyens qui permettent aux techniciens de travailler, on ne pourra pas atteindre nos objectifs.

* Au Congo, quelle est la localité ou la région la plus exposée aux accidents?
* * Naturellement, c’est Brazzaville et Pointe-Noire. Ce sont les deux plus grandes villes de notre pays. Ce qui est sûr, c’est que les villes de Brazzaville et Pointe-Noire sont les plus accidentogènes au Congo, par rapport à d’autres villes du pays. Cela se comprend par l’étendue, l’accroissement de la population urbaine et des infrastructures de la ville. Plus la ville grandit, plus il y a des routes qui se construisent, plus il y a des phénomènes d’accidents qui se produisent dans ces villes.
 
Propos recueillis par Aristide Ghislain
NGOUMA

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