Jean-François Ndengué, Président de la Section football de Diables-Noirs : «Hisser progressivement notre Club, parmi les Grands d’Afrique»

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Vendredi 18 novembre 2011, à l’hôtel Olympic Palace, une réception a été organisée par la section football de Diables-Noirs, en l’honneur de la société X-Oil Congo, le sponsor qui soutient l’équipe et à qui le trophée de champion national 2011 de football a été présenté. A cette occasion, le Président Jean-François Ndengué a présenté une importante allocution dans laquelle il a retracé l’historique de son équipe, et présenté son bilan. Il a exprimé son ambition de hisser, progressivement, Diables-Noirs parmi les grands Clubs africains. Voici l’intégralité de son allocution.

- Excellence Monsieur le Représentant du Ministre des Sports et de l’Education Physique;
- Distingués invités;
- Mesdames et Messieurs;
- Amis du Sport et du Football.
Je vous remercie, au nom du Club Sportif Multidis-ciplinaire Diables-Noirs et de sa Section football, d’être présents ici, et d’honorer ainsi notre Club qui fête, aujourd’hui, son titre de Champion du Congo, à l’issue de l’Edition 2010-2011 du Championnat National.
Diables-Noirs est à nouveau Champion du Congo. Il confirme une tradition vieille exactement de 50 ans!
En effet, le Championnat National a été instauré au Congo en 1961. Et cette année-là, les Diables Noirs en devenaient les premiers lauréats.
Les premiers Champions du Congo, en 1961, s’appelaient: Joseph Mantari «Defoufou»; Maxime Matsima «Yachine»; Valentin Kinzonzi «Pigeon»; Bilala «Popeins»; Daniel Nsongo-Nkounkou «Marche»; Pierre Diakoundila «Riffeins»; André Hombessa; Germain Makouezi «La Flèche Noire»; Robert Ndoudi «Piantoni» Jean-Marie Loukoki «Kopa»; Adolphe Bibandzoulou «Amoyen»; Anatole Badia-Ndzebele «Ndrou-Koli»; Lévy Batiaka «Dekos».
Ce sont ces joueurs qui ont inauguré la tradition dia-blotine de vainqueurs de Champions nationaux. En 1961, Diables-Noirs avait déjà 11 ans d’existence et alignait des titres de Champion de Brazzaville. Diables-Noirs restera l’unique équipe congolaise championne fédérale, du temps de l’Afrique Equatoriale Française.
Diables-Noirs, c’est 61 ans d’histoire! Je dirais même d’histoire sacrée, parce que notre équipe est née dans une église, à partir d’une Association Sportive Missionnaire, la célèbre «A.S.M», Association Sportive de la Mission Catholique de Notre-Dame du Rosaire. A cette époque, Brazzaville était encore composée de villages. On ne les appelait pas encore, «Quartiers» ou «Arrondissements». Le village de Poto-Poto avait, déjà, de grands clubs de football. Le village de Bacongo, qui n’était pas dépourvu de clubs, voulait, cependant, une très grande équipe capable  de rivaliser avec les grands clubs de Poto-Poto.
Les jeunes chrétiens de Bacongo, pensionnaires d’A.S.M, décidèrent de relever le défi. Olympic de Bacongo fusionna dans A.S.M, et les meilleurs joueurs des Clubs de Bacongo rejoignirent A.S.M. Ainsi, le 23 Juin 1950, naît Diables-Noirs, dans une église, à Notre-Dame du Rosaire. Il  fallait de l’audace, de l’impertinence à ces jeunes pour nommer «Diables-Noirs» une équipe relevant de l’Eglise Catholique!
Pour l’histoire, il convient de dire que la querelle autour de ce nom s’est tue grâce à l’Abbé Fulbert Youlou, Vicaire de l’Eglise du Plateau, et au père Paul Biechy. Ce 23 Juin 1950, l’Assemblée Générale avait décidé que le nouveau Club s’appellera «Diables Noirs», à l’unanimité.
Monsieur Dominique Nzalakanda en fut le premier Président; pour quelques mois. Bacongo avait enfin son grand Club, avec pour principaux joueurs: Boniface Massengo, Camille Sangoud dit «Deladanse», Ange Baboutila dit «Fantômas», André Mahoukou dit «Dangereux», etc.
Dès 1951, après la démission de Monsieur Dominique Nzalakanda, la présidence de Diables-Noirs fut assumée par le très prestigieux Président Gilbert-Thomas Mankoundia, notre modèle à tous.
D’abord équipe du village de Bacongo, Diables-Noirs est devenu, progressivement, avec l’Indépendance, l’intégration et l’explosion urbaines à Brazzaville, le brassage des populations diverses et éparses qui a rendu possible la sédimentation du sentiment national, la grande équipe nationale que nous connaissons aujourd’hui. C’est pour cette raison, d’ailleurs, que l’on dit toujours: «Diables-Noirs; la Nation», l’équipe de tous et l’équipe phare du Congo.
En 61 ans d’existence, Diables-Noirs a connu beaucoup de Présidents. Chacun a apporté au Club le meilleur de lui-même. Quand j’ai pris la présidence du Club Diables-Noirs, le 22 Novembre 2006, je sentais peser sur moi le poids de toute cette histoire; le poids d’une tradition.
En effet, Diables-Noirs se pose toujours comme un esprit. Pas un état d’esprit, mais une véritable entité spirituelle. Les Sages de cette équipe, ses anciens joueurs et son immense public considèrent que Diables-Noirs est composé de morts et de vivants qui ont fait l’équipe. C’est ce qui explique le caractère quasi-religieux de leur attachement à cette équipe.
Une équipe de football qui intègre, dans sa vie ordinaire, ce type de préoccupations n’est pas une équipe comme les autres. On doit la gérer avec un sens aigu de responsabilités, en faisant attention à sa tradition, à ses couleurs et à son statut de Club d’élite du football congolais.         Diables-Noirs est un patrimoine national. Ce patrimoine vit grâce à ses joueurs et à ses supporteurs. Les dirigeants passent, l’équipe reste; et l’on juge de la qualité d’un dirigeant par son aptitude à garantir l’unité du Club et sa cohésion.
Sitôt arrivé à la tête de Diables-Noirs, j’ai commencé par réunir les Sages et les Anciens qui sont la mémoire vivante de notre équipe. Cette initiative a été suivie de plusieurs rencontres avec ces Doyens. Et chaque fois que l’intérêt du Club l’exigeait, je les ai reçus, leur ai donné les moyens d’agir pour le bien de l’équipe.
Evidemment, il y a eu quelques problèmes au sein du bureau que je dirigeais.
Evidemment il y a eu quelques problèmes au sein du bureau que je dirigeais. C’est inhérent à toute association d’hommes. Dans le cas précis du bureau de Diables-Noirs, il a été surtout question de contradictions à propos de la rupture dans la manière de diriger ce club.
J’ai voulu diriger l’équipe de façon moderne, aussi bien sur le plan administration et financier que sur le plan technique. Pour la première fois, Diables-Noirs avait un sponsor: X-Oil Congo qui nous soutient depuis 4 ans. J’ai responsabilisé le Secrétariat général pour une bonne administration de l’équipe. Au trésorier général, j’ai exigé une gestion transparente des fonds que nous recevions de notre sponsor X-OIL Congo et de ceux que j’ai investis pour le bon fonctionnement de l’équipe. Toutes les contributions importantes des dirigeants peu nombreux qui mettaient la main à la pâte ont été orientées vers la trésorerie générale, pour un usage adéquat, au bénéfice du club.
Ceux qui ne partageaient pas mes vues étaient libres de le faire. Nous avons toujours fonctionné dans la discussion libre que je voulais constructive. Mais je me suis opposé à tous ceux qui menaçaient le progrès de l’équipe et sa sérénité. J’ai toujours privilégié l’intérêt supérieur de notre Club. C’est ce qui explique ma volonté plusieurs fois exprimée de rassembler tout le monde, surtout à l’approche de grands rendez-vous sportifs.
Nous avons réussi, collectivement, à discipliner le public de Diables-Noirs. C’est important, surtout quand on sait que ce public a la réputation d’être difficile et rebelle. Cela a pris du temps, certes, mais nous avons réussi à faire cesser les violences physiques et verbales caractéristiques de ce public. C’est une victoire morale incontestable. Et je tiens à féliciter tous les suppor-teurs de Diables-Noirs.
Cette saison, ils ont donné à tous, la preuve manifeste de leur maturité et de leur fair-play. Je leur exprime personnellement toute ma reconnaissance.
Nous avons assaini l’équipe, en la mettant à l’abri d’un recours systématique aux pratiques fétichistes. Notre principe était simple: seul le travail de tous les jours permet à une équipe de football de réaliser de bons résultats. Cette manière de faire a payé: Diables-Noirs a été Champion du Congo en 2006-2007; en 2009-2010; en 2010-2011.
Les observateurs de notre football ont toujours apprécié le caractère judicieux et pertinent de notre recrutement. Diables-Noirs restera toujours la maison des grands joueurs et des grands entraineurs, com-me celui que je viens de donner à l’équipe, Monsieur Manuela Madereira, sélectionneur portugais de très haut niveau. En plusieurs circonstances Diables-Noirs a constitué l’ossature des Diables-Rouges, notre équipe nationale.
Nous présentons, à l’heure du bilan, une équipe semi-professionnelle, avec des joueurs salariés, entourés de toutes les conditions matérielles, sociales, techniques, sanitaires et mêmes domestiques leur garantissant un environnement idéal de travail et d’épanouissement.
Nous avons tout mis en œuvre, pour mériter de Diables-Noirs, avec la grande et légitime ambition d’en faire la plus grande équipe de notre pays, à hisser progressivement parmi les Grands d’Afrique.
Je dédie notre victoire à l’ensemble de l’équipe: dirigeants, joueurs nouveaux et anciens du Club, supporteurs, sages, avec une pensée particulière pour tous ceux qui nous ont quittés. Vive Diables-Noirs, «Yaka dia Mama: Yi wiri»!

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