5ème édition de la Coupe Jean-Jacques Bouya à Tongo : Le sport et la culture pour unir la jeunesse Congolaise

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Localité du district de Tchikapika, dans le département de la Cuvette, Tongo, situé à environ 550 km au Nord de Brazzaville, a vébré du 25 avril au 1er mai 2014, au rythme de la 5ème édition de la Coupe Jean-Jacques Bouya. Une compétition sportive couplée aux journées culturelles du molengué, boisson locale très prisée, et du mondzombo, danse populaire dont le district de Tchikapika est le berceau. Pendant sept jours, c’était la fête… au village.

La finale de football, entre Bombé et Loutété, a été agrémentée par les groupes folkloriques, en présence du préfet de la Cuvette, Pierre Cébert Ibokho Onanga, et du sous-préfet de Tchikapika, Gaspard Ngangué, de Mme Julia Bouya, épouse du député élu de Tchikapika, actuel ministre délégué, chargé de l’aménagement du territoire et de la délégation générale aux grands travaux, de Mme Lucinda Gakosso, épouse du ministre de la culture et des arts, Jean-Claude Gakosso.

Tongo est une localité au passé historique remarquable, alanguie au bord de l’Alima, mais difficilement détectable sur la carte du Congo. Depuis 2010, la localité se cherche une place au soleil, à travers la Coupe Jean-Jacques Bouya, devenue un événement phare, organisé par la Fondation Terre Tongo, sous la férule de son coordonnateur national, Jean-Didier Elongo. Cette année, c’était la cinquième édition, qui a connu la participation de près de 1500 sportifs et artistes venus des départements du Niari, de la Bouenza, de la Lékoumou, du Pool, des Plateaux et de la Cuvette, notamment des sous-préfectures d’Oyo, d’Owando, de Tchikapika, de Mossaka, sans oublier les 11 villages de la terre Tongo.
A la différence des autres compétitions organisées ici et là, la Coupe Jean-Jacques Bouya associe sport et culture. Au menu de l’événement: le football, le nzango moderne, le semi-marathon, la course des piroguiers et deux jeux traditionnels: le nguia (l’équivalent du nzango, chez les femmes) et le mbonga-mbonga (jeu d’initiation à la chasse). Il y a, aussi, naturellement, des soirées de musique moderne et de danses traditionnelles.

La finale de football devant les épouses Bouya et Gakosso

La 5ème édition a remporté un immense succès. Sport roi, le football a attiré le plus de monde, au Stade Jean-Jacques Bouya. Il a eu à bien apprécier le spectacle offert par les huit équipes participantes: Mouyondzi (Bouenza), Kinkala (Pool), Hyppo Boniala, Bombé (Cuvette), dans le groupe A; Tongo (Cuvette), Loutété (Bouenza), Olympique de Mouyondzi (Bouenza) et Tchikapika (Cuvette), dans le groupe B.
Du match, lui-même, on notera, simplement, que l’équipe de Bombé (localité du district de Mossaka), plus pragmatique, s’est imposée devant celle de Loutété, pourtant donnée favorite: 4-0. A la surprise générale.
Le tournoi de nzango moderne a révélé les filles du village Makongo (localité de Mossaka), surprenantes vainqueurs des Brazzavilloises de Diata.
Le semi-marathon a été dominé par les athlètes de la Bouenza, par le truchement de Bernard Moussounda (Mouyondzi) et Thécia Matondo (Loutété).

Jeux traditionnels et folklore captivants

Concernant les jeux traditionnels, les piroguiers les plus rapides sont Koumou (Tongo), en individuel, et la paire Longangué-Médinga, en duo. Si l’équipe d’Ombomini a remporté la partie du nguia, aux dépens de Mbon-La-Poro, pour le mbonga-mbonga, les mêmes équipes ont rivalisé d’égal à égal dans l’habileté à atteindre la cible.
Dans la dynamique des sports et des jeux, la Fondation Terre Tongo a donné l’occasion aux invités de découvrir les richesses culturelles des départements représentés, à travers les spectacles livrés, chaque soir, par les groupes traditionnels. Ainsi, Kilombo-Kia-Mpala et sa danse «Le Mututa», Ntemo-Kongo (Boko) et ses deux stars, des enfants âgés de 10 et 12 ans, Tsiawa (Tsiaki), Moye-Ontso (Cuvette), Ekongo (Owando), avec sa danse mystico-guerrière, Kanga ndzoro (Terres Pombo) ont, tour à tour, captivé, sinon hypnotisé le public.  Ce cocktail traduit l’ambition du coordonnateur national de la Fondation Terre Tongo, Jean-Didier Elongo, de «partager les valeurs culturelles, au-delà de nos différences qui doivent être considérées comme une richesse». La musique moderne n’était pas en reste avec les concerts des orchestres Favelas de Brazzaville et Horizon Musica de Yamba. Sans oublier les spectacles du comédien

Le molengué et le mondzombo à l’honneur

La Coupe Jean-Jacques Bouya est aussi l’occasion de valoriser le molengué, une boisson locale bien connue, dont la terre Tongo est l’un des grands bassins producteurs. Tous, originaires et non originaires, l’ont dégustée, avec avidité. Cerise sur le gâteau: le mondzombo, danse locale, à l’honneur, lors de la soirée de clôture de la compétition.
En organisant la Coupe Jean-Jacques Bouya, la Fondation Terre Tongo entend se servir du sport et de la culture, à la fois pour unir les populations des départements invités, en général, des jeunes sportifs et artistes, en particulier, et les aider à devenir de vrais citoyens respectueux des lois de leur pays. «Au-delà de la dimension festive de l’événement, nous voulons renforcer la cohésion qui doit exister entre nous, en dehors de nos différences de tous genres (ethnique, linguistique, géographique, socioprofessionnelle, etc.). En faisant cela, notre crédo est l’affirmation de l’originalité, le droit à l’altérité pour tous ceux qui décident de participer à la grande fête de la Coupe Jean-Jacques Bouya», a indiqué Jean-Didier Elongo.
Fort du succès de la compétition, Jean-Didier Elongo a intégré un fait économique important à la Coupe Jean-Jacques Bouya: le geste symbolique du planting d’un oranger, le 1er mai, sur une surface de 4 hectares où sera implantée une unité de production du jus d’orange. Ce geste sera renouvelé, désormais, chaque année. «De tous temps, la culture la plus prisée à Tongo est celle de l’oranger, la terre  étant très fertile à cette espèce d’arbre fruitier», s’est-il justifié.
Satisfait, Jean-Didier Elongo a remercié, cordialement et fraternellement, ses illustres hôtes, les sportifs et les artistes d’avoir répondu, avec enthousiasme, à l’invitation de son O.n.g. Il a souligné que cette initiative a été concrétisée pour faire revivre Tongo, une bourgade qui était en voie de disparaître. «Il y a quelques années encore, venir de Brazzaville, pour Tongo, cela aurait, à coup sûr, ressemblé à un projet audacieux, insensé, mieux à une aventure, à une folie. Tongo avait la réputation d’un village à l’accès particulièrement difficile. Et cette difficulté résidait sur son enclavement et sur l’état marécageux des 50 km de piste reliant Oyo à Tongo. Tout cela appartiendra au passé, avec l’achèvement, bientôt, des travaux de bitumage de cette route, concrétisation du programme de maillage du pays en infrastructures routières» se réjouit-il.
Tongo 2014 a été, donc, un haut lieu de brassage des fils et filles du pays. Et un moment inoubliable fait de gaieté et d’échanges culturels. A ce propos, le sous-préfet de Tchikapika a eu les mots justes pour exprimer la joie que ressent, chaque année, la population locale. Il a, simplement, déclaré: «La fête a été belle à Tongo. Tout en souhaitant bon retour à nos hôtes, notre sous-préfecture remercie la Fondation Terre Tongo d’avoir initié la Coupe Jean-Jacques Bouya».
Rendez-vous l’année prochaine, pour la sixième édition. Le comité d’organisation entend doter la compétition d’infrastructures sportives adéquates, notamment un stade moderne, de 700 ou 800 places, que construira une entreprise chinoise, et de locaux d’hébergement des participants.

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