Pade (Projet d’appui à la diversification de l’économie) : Evaluation positive des bénéficiaires des subventions du F.a.c.p

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Le F.a.c.p (Fonds d’appui à coûts partagés), une unité opérationnelle du Pade (Projet d’appui à la diversification de l’économie) a effectué, du 17 au 23 juillet 2017, à Pointe-Noire, une mission de suivi et d’évaluation des projets de formation professionnelle financés dans le cadre du renforcement des capacités techniques  des acteurs économiques de divers secteurs d’activités.

A l’issue de la visite des bénéficiaires des  formations in situ, M. Sékou Camara, le Directeur des opérations de F.a.c.p,  exprime sa satisfaction sur les résultats atteints par les différents projets.

*En quoi consistait la mission que vous avez dirigée?
** Il faut d’abord rappeler que le Fonds d’appui à coûts partagés (F.a.c.p) est une composante du Pade, un projet cofinancé par la Banque mondiale et le Gouvernement congolais à  parts égales de 50%. Dans le cadre de ses missions, le F.a.c.p octroie des subventions aux P.m.e/P.m.i et aux artisans, pour les besoins de renforcement de leurs capacités. La mission que j’ai conduite à Pointe-Noire consistait donc à vérifier si les subventions octroyées ont bel et bien été utilisées pour les objectifs prescrits et si ces objectifs ont été atteints. C’est un mode opératoire traditionnel de la Banque mondiale qui doit s’assurer de la bonne utilisation des fonds alloués. Et pour le cas d’espèce, il d’agissait d’évaluer les activités du Guichet B du F.a.c.p dédié au financement des activités de renforcement des capacités proposées par les organismes de formation.
 
*Quels sont exactement les secteurs d’activités qui ont fait l’objet du suivi et évaluation?
** Ce sont des secteurs d’activités bien définis, en l’occurrence l’agro-alimentaire, le transport, les B.t.p, le tourisme et de l’artisanat, etc. Les bénéficiaires de nos subventions sont dans ces différents secteurs. Et dans le cadre de cette visite, je peux dire que tous ces secteurs sont représentés parmi les bénéficiaires. Nous avons visité successivement des garagistes de mécanique auto, l’Action solidarité internationale (Asi), des entreprises de microfinances, des entreprises bénéficiaires d’une formation en soudure dans le cadre du «local content», ainsi que des acteurs de l’agroalimentaires appuyés par une O.n.g  dénommée «Hommes & Organisation».

*Que peut-on retenir de la formation octroyée aux mécaniciens?
** Le F.a.c.p a financé  des formations organisées par le Cefa (Centre de formation par alternance) au profit de 50 garagistes, avec pour objectif de renforcer leurs connaissances dans les domaines de la mécanique, l’électronique et le diésel, et aussi leur donner des connaissances de base dans la gestion d’entreprises.
Sur la base d’un échantillon représentatif de ces garagistes que nous avons visités, nous sommes satisfaits de constater que les connaissances transmises ont été utiles dans l’exercice de leur fonction, tant  sur le plan de la mécanique que sur le plan commercial. Nous avons constaté qu’ils ont effectivement changé leur manière de gérer. Ils utilisent maintenant, tous, les outils techniques de gestion (bons de commande, de livraison, devis, facturier, etc.). Ils se sont très nettement professionnalisés. Ce sont maintenant des acteurs économiques accomplis. La subvention octroyée pour la formation des mécaniciens s’élève à 23 millions de francs Cfa, qui constitue une prise en charge à 80% du coût total.

*En quoi consistait l’assistance  aux jeunes filles vulnérables?
** Action de solidarité internationale (Asi), une O.n.g qui opère au Congo, nous avait sollicité pour un financement, afin d’appuyer 30 jeunes filles (15 à Brazzaville et autant à Pointe-Noire) en situation de vulnérabilité, à former et réinsérer professionnellement.
Grâce à notre subvention, l’O.n.g Asi a  financé la formation de ces filles  pendant plus de six mois dans différents métiers traditionnellement révolus aux femmes, la coiffure et la couture, ainsi que dans des métiers non traditionnels, tels que la mécanique auto, la tuyauterie-soudure.
Nous savions déjà que le volet formation avait été bien exécuté et au cours de cette visite, nous avons pu vérifier l’aspect réinsertion sociale des bénéficiaires. A l’exception d’une fille (sur les 15) qui n’a pas pu terminer le programme, toutes les autres filles ont pu, à l’issue de leur formation, soit intégrer une structure économique, soit ouvert un atelier personnel. A cet effet, le projet prévoyait un kit d’installation qui leur a permis de se mettre à leur propre compte. Nous sommes donc satisfaits de ce projet qui a eu pour finalité non seulement de former, mais surtout de créer des emplois. Ce projet a coûté un peu plus de  41 millions de francs Cfa.

*Quelle est la nature de l’appui dont ont bénéficié les structures de microfinance?
** Les formations octroyées aux organismes de microfinance avaient pour finalité de leur permettre de mieux traiter les demandes en fonds de roulement des entreprises, particulièrement des P.m.e évoluant dans les secteurs d’activités qui nous intéressent. Avant cela, ces entreprises de microfinances n’étaient habituées qu’à travailler avec des salariés, des employés. Dorénavant, elles sont mieux outillées pour traiter, examiner les dossiers de demandes de prêts des P.m.e ou des artisans. Une quinzaine de structures de microfinance ont bénéficié de cette formation.
Ce qui est intéressant à souligner, c’est qu’il y a eu une augmentation du volume des dossiers de P.m.e/P.m.i traités après la formation, par rapport à celui traité avant la formation.  Un autre indicateur qui confirme l’effet recherché, c’est celui de l’augmentation du volume des financements alloués ou prêts accordés.

*De quelle manière le «local content» a-t-il aussi fait l’objet d’une attention du F.a.c.p?
** Comme les autres structures de formation, l’Institut de soudure (I.s) qui dispense des formations en soudure homologuée nous avait soumis une demande d’appui dans le cadre du «local content» initié par la société Total E&P Congo. Des employés de quatre entreprises ont pris part à cette formation. Nous avons rencontré les responsables de l’I.s et ceux des entreprises dont les employés ont bénéficié de la formation. Mais, contrairement aux autres activités, il nous a été, dans ce cas-ci, impossible d’évaluer l’impact de la formation qui n’a pris fin que récemment. Les résultats de cette formation ne seront appréciés que dans les mois à venir, le temps que les bénéficiaires appliquent  les connaissances acquises.

*Quel intérêt pour le F.a.c.p vis-à-vis du secteur agro-alimentaire?
** Il faut d’abord comprendre que le F.a.c.p a constitué des chaînes de valeurs dont font partie les acteurs du secteur agro-alimentaire. Par l’intermédiaire d’un organisme dénommé «Hommes et Organisation», le F.a.c.p a aidé opérateurs économiques à mieux comprendre les tenants et aboutissants de leurs activités. Ils sont environ une demi-douzaine à Pointe-Noire à avoir reçu des subventions (en moyenne 5 millions de fcfa) qui leur ont permis de s’équiper ou de satisfaire d’autres besoins tout aussi intéressant  La visite sur le terrain nous a rassuré de la bonne utilisation des fonds alloués.

*En définitive, quelle conclusion tirez-vous de cette visite?
** Je suis très satisfait des résultats auxquels nous sommes parvenus. Pour le cas d’espèce, il ne s’agissait pas seulement pour nous d’appuyer financièrement de simples formations, mais beaucoup plus pour que celles-ci aboutissent soit  à la création d’emplois, soit à l’amélioration des prestations des acteurs économiques, ou mieux à la consolidation de véritables entreprises. Je crois que c’est ce à quoi nous sommes parvenus.
J’ai espoir que le processus en cours pour la mise en place du Pade 2 aboutira, pour que les enseignements tirés du Pade 1 puissent être consolidés, afin d’appuyer davantage les bénéficiaires de subventions. Et aussi pour élargir l’assiette des bénéficiaires de subventions, car le processus de diversification de l’économie doit être pérenne.
 
Propos recueillis par Jean BANZOUZI
MALONGA

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