Enseignement général : Vers une rentrée scolaire apaisée?

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A une semaine de la rentrée scolaire, le ministre de l’Enseignement primaire secondaire et de l’alphabétisation, Anatole Collinet Makosso, s’est accordé avec l’ensemble des syndicats d’enseignants prestataires sur la prise en compte de leurs revendications par l’Etat. Dans cette même logique du dialogue, il s‘est adressé aux équipes de maîtrise des établissements, en les appelant à plus de transparence et à une gestion orthodoxe des écoles.

 

La menace de grève des prestataires de l’enseignement qui planait sur la rentrée scolaire a été désamorcée. Au sortir du conclave avec le ministre Anatole Collinet Makosso, les représentants des collectifs des prestataires d’enseignement se sont dits satisfaits du fait que leurs préoccupations ont été prises en compte. Malgré le retard observé dans le paiement de leur bourse, les finalistes sortis des écoles professionnelles d’éducation avec lesquels le Gouvernement a signé en 2018 des accords d’affectation dans les établissements, vont renouer cette année avec les cours, en attendant la régularisation de la situation.  
Avec l’affectation des étudiants finalistes, les bénévoles exerçant dans les établissements scolaires se sont inquiétés de leur sort quant à une éventuelle intégration dans la Fonction publique. En poste pour certains depuis cinq ou dix ans, ils ont été recrutés soit par les chefs d’établissements, soit par des autorités locales ou des syndicats d’enseignants. A ce jour, ils seraient environ 10. 000 bénévoles, d’après les rapports annuels envoyés par les chefs d’établissements au ministre. Seulement, ce dernier trouve ces chiffres superflus puisque dans certains établissements, comme à Brazzaville ou Pointe Noire, il n’y aurait pas nécessité de recruter des bénévoles. Aussi a-t-il fustigé le laxisme de certains chefs d’établissements qui, par des recrutements inopportuns, provoquent des conflits d’intérêt entre bénévoles, finalistes et fonctionnaires, notamment sur la répartition des emplois du temps. Comme il est avéré que la plupart des bénévoles recrutés sont fictifs, Anatole Collinet Makosso a demandé aux syndicats des bénévoles d’identifier leurs syndiqués réels et de produire de véritables listes de bénévoles. Celles-ci seront confrontées à celles transmises par les chefs d’établissements. L’objectif, a poursuivi le ministre, étant d’assainir le département de l’Enseignement général de cette cohorte de bénévoles afin de régulariser l’intégration des générations des finalistes qui s’ajoutent chaque année.      
Autre sujet porté sur la table des négociations: la distribution de l’apport additionnel des parents d’élèves sur le financement de l’école. Les collectifs de prestataires indexent les chefs d’établissements qui, selon eux, émiettent ces fonds, en ne versant qu’une part aux finalistes. Ces collectifs affirment que le texte relatif au financement additionnel des parents d’élèves prescrit que les fonds récoltés reviennent à part égale aux bénévoles et à l’administration scolaire. Nul besoin d’associer les finalistes qui sont déjà pris en charge à travers une bourse mensuelle. Sur ce point, il s’est posé également le problème de l’insuffisance des fonds récoltés et leur déséquilibre entre établissements. Le ministre a proposé des mécanismes de péréquation financière entre les établissements afin d’améliorer le paiement des prestataires.
Par ailleurs, la mauvaise gestion des écoles par certains chefs d’établissement épinglée dans un récent rapport de l’Association des parents d’élèves et étudiants du Congo a été au cœur de l’adresse du ministre aux équipes de maîtrise, à quelques heures de la rentrée des classes. Devant ce sombre tableau, le ministre les a exhortés au respect des textes réglementaires et législatifs, et à faire preuve de conscience professionnelle. Le rapport de l’APEEC qui fait état d’une opacité dans la gestion des fonds scolaires dans certains établissements s’avère un camouflet pour l’administration scolaire tout entière. «La seule façon de nous défendre, notre seul avocat, notre seul défenseur face à tout ce qu’on peut dire de nous, c’est la conformité à la législation scolaire. Dès l’instant où vous sortez des textes, vous donnez libre cours aux gens de dire de nous tout ce qu’ils veulent. Je voudrais vous inviter très chers chefs d’établissements, à rester fidèle aux textes», a recommandé le ministre. Il y a donc lieu de faire fonctionner différents organes de gestion de l’école tels les conseils d’administration, de discipline, de professeurs et des comités de gestion.
L’année scolaire 2019 - 2020 qui s’ouvre ce 1er octobre semble avoir des lendemains meilleurs, au vu du climat d’apaisement et de confiance qui prévaut actuellement entre les partenaires sociaux et le Gouvernement.  

Esperancia
MBOSSA-OKANDZE