XIème assemblée plénière de l’Acerac à Yaoundé (Cameroun) : Les évêques appellent à un meilleur vivre ensemble dans leurs différents pays

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Les rideaux sont tombés, dimanche 16 juillet 2017, à Yaoundé, au Cameroun, sur les travaux de la XIème assemblée plénière de l’Acerac (Association des conférences épiscopales de la région de l’Afrique centrale). La messe pontificale de clôture de cette assemblée a été célébrée en la basilique mineure Marie Reine des Apôtres de Mvolyé, par Mgr Juan Nsue Edjang Mayé, archevêque de Malabo, président de la C.e.g.e (Conférence épiscopale de Guinée Equatoriale),...()

nouveau président de l’Acerac, qui avait autour de lui les Cardinaux Dieudonné Nzalainga et Christian Tumi, respectivement archevêque de Bangui et archevêque émérite de Douala, NN.SS. Piero Pioppo, nonce apostolique au Cameroun et en Guinée Equatoriale, Samuel Kleda, archevêque de Douala, président de la C.e.n.c (Conférence épiscopale nationale du Cameroun), président sortant de l’Acerac, les archevêques et évêques membres de l’Acerac. Dans l’assistance, il y avait le ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation, René Emmanuel Sadi, représentant personnel du Président camerounais Paul Biya, ainsi que d’autres autorités du pays et de nombreux fidèles chrétiens.

La messe de clôture de la XIème assemblée plénière de l’Acerac, célébrée en la basilique de Mvolyé, dédiée à la Vierge Marie patronne du Cameroun, a surtout été marquée par le message de fond qui en est ressorti, et qui s’est dégagé de quelques-unes des interventions du jour. Parmi ces interventions, il y a eu le communiqué final sanctionnant les travaux, lu par l’abbé Mesmin-Prosper Massengo, secrétaire général sortant de l’Acerac, l’homélie donnée en français par Mgr Miguel Angel Nguema Bee, évêque d’Ebibeyin, et le message des évêques, lu par Mgr Samuel Kleda.

Le message des évêques d’Afrique centrale est basé sur le souci d’enraciner profondément la réconciliation, la justice, la paix et aussi l’unité, la communion qui ont constitué le fil conducteur de leurs réflexions autour du thème principal de leur rencontre: «L’œcuménisme et le dialogue interreligieux en Afrique centrale».
Au nombre des différentes communications ayant dominé la session des évêques d’Afrique centrale, l’exposé de Mgr Miguel Angel Ayuso Guixot, secrétaire du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, représentent le Cardinal Jean-Louis Tauran, président de ce dicastère est à souligner à grand trait. C’est lui qui a ouvert le bal des exposés, qui ont commencé le second jour de la rencontre.
Parlant du continent africain dont il n’ignore pas les réalités pour y avoir été missionnaire, Mgr Ayuso a particulièrement retenu l’attention des évêques et des participants, qui ont considéré sa communication comme un rappel des enjeux majeurs dans le domaine de l’œcuménisme et un envoi en mission à partir des efforts que les uns et les autres ont déjà consentis sur le sujet.
Pour lui, face aux fléaux de l’heure comme la menace suscitée par l’expansion des sectes, l’Eglise doit agir dans deux directions qui relèvent du même effort de fidélité à l’évangile. Elle doit d’une part, «favoriser le dialogue entre les peuples, les cultures, les religions, afin que, grâce à un enrichissement mutuel, ils aident le monde à se renouveler et à avancer toujours plus vers le royaume», et d’autre part, «faire rayonner la foi à l’extérieur par le double témoignage de la vie et de la parole rendu à Jésus-Christ; promouvoir les valeurs du Royaume telles que la paix, la justice, la liberté et la fraternité». Le secrétaire du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux a, par ailleurs, souligné l’éventualité d’envisager des cours communs de formation de nouveaux prêtres ensemble avec les musulmans.
En guise d’exemples concrets de dialogue interreligieux, les évêques ont fait écho à l’admirable exemple de dialogue œcuménique et interreligieux donné en Centrafrique entre l’archevêque de Bangui, l’imam et le pasteur de l’Eglise évangélique, qui se sont mis ensemble pour le bien-être social et national. Ce qui a abouti à la mise en place d’une plate-forme qui a été codifiée au moyen d’un cadre juridique conformément aux lois et règlements de leur pays. De même, les évêques ont planché sur l’écho à donner à «toutes ces bonnes et belles choses», le sens, l’idée de changer notre mentalité dans la manière de faire Eglise, notre façon de faire tout court.
Au terme de leurs réflexions, les évêques après, avoir élu Mgr Juan Nsue Edjang Mayé à la tête de leur association ont, entre autres, désigné comme nouveau secrétaire de l’Acerac, l’Abbé Antonio Mabiala, prêtre congolais, ancien recteur du Grand séminaire de philosophie Mgr Georges Firmin Singha de Kinsoundi à Brazzaville, actuellement curé de la Paroisse Sainte-Face de Jésus à Pointe-Noire, son diocèse. Il remplace l’Abbé Mesmin-Prosper Massengo, vicaire judiciaire de l’Archidiocèse de Brazzaville, qui, à la suite de son prédécesseur, l’Abbé François de Paul Moundanga-Ibeni d’heureuse mémoire, a conduit avec détermination jusqu’à son aboutissement, le projet de construction de l’actuel Hôtel de l’Acerac qui depuis deux ans trône majestueusement en plein cœur de la capitale congolaise. Grâce à lui, ce qui naguère était considéré comme un rêve, est devenu une réalité.
Au cours de leurs travaux, les évêques ont abondamment évoqué la mémoire de Mgr Jean-Marie Benoît Bala, évêque de Bafia depuis 2003, décédé de façon tragique à l’âge de 58 ans, dont les obsèques ont été programmées pour les 2 et 3 août prochains.

Aristide Ghislain NGOUMA
(Yaoundé)

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