Un Dimanche en paroisse : Saint-Matthieu de Mbandza-Ndounga (Diocèse de Kinkala)

Note utilisateur:  / 1
MauvaisTrès bien 

«Etre dirigé par l’Esprit et non par les plaisirs humains…»
Une veillée de prière, animée par le groupe Ndunzia-Mpungu (Archiconfrérie Saint-Esprit) sous une pluie battante, a précédé samedi 19 mai 2018, à partir de 21 heures la cérémonie de la messe de Pentecôte à Saint-Matthieu de Mbandza-Ndounga, le dimanche 20 mai 2018.


Une douce atmosphère dans la verdoyante cour de la paroisse bordée d’arbres divers d’où l’on aperçoit la grotte mariale. La messe dominicale, à 9 heures, a été célébrée par l’abbé Paraclet Moutsila et concélébrée par l’abbé Daleb Wenceslas Mpassy. Pentecôte, c’est la descente du Saint-Esprit sous forme de feu sur les apôtres, 50 jours après Pâques. C’est la solennité de la naissance de l’Eglise, et le commencement de sa mission, en toutes langues chez tous les peuples et nations. L’Esprit-Saint vous guidera vers la vérité tout entière, tel est le thème de l’évangile du jour tiré des versets 15, 26-16,15 de l’évangile selon Saint-Jean, que l’abbé Paraclet Moutsila a lu et commenté en lari et parfois en français et légèrement en lingala lors de la célébration eucharistique. Avant de développer son homélie, le prédicateur a demandé aux fidèles d’entonner une chanson sur le Saint-Esprit. Puis, il s’est appesanti sur les sept dons de l’Esprit-Saint: sagesse, intelligence, science, piété, courage, force, et crainte de Dieu. «Ces dons sont disponibles pour tous et se déploient sur plusieurs manières sur chacun de nous qui les a reçus», a souligné l’abbé, en détaillant chacun de ces dons. Au-delà, nous devrons comprendre, en avant-première, le don de l’amour: «C’est l’amour! toi maman, toi papa, si vous ne prônez pas l’amour du prochain dans vos familles, dans vos milieux multiformes, même si vous venez multiplier vos prières et demander autant de messes, vous n’aurez jamais les dons de l’Esprit Saint…». Il n’est pas revenu sur la deuxième lecture qui porte sur les plaisirs de la chair, mais il ne s’est pas montré tendre à l’égard de ces fidèles qui ont des préférences sur des prêtres et des fidèles et qui prônent la division dans le milieu communautaire chrétien. Il a demandé aux fidèles de méditer en silence en se questionnant sur le don que Dieu lui donne et comment il va l’exercer dans sa communauté, dans son environnement et pour son pays.

La paroisse Saint-Matthieu fut inaugurée en janvier 1988

«Le journaliste est l’historien du présent» dixit Albert Camus. Jadis la capitale de l’actuel département du Pool s’appelait, dit-on, Kahounga-Foulakari et ses limites territoriales allaient de la rivière Loufoulakari jusqu’à l’actuel pont du Djoué, à Brazzaville. Cette zone s’appelait Mbandza-Ngueri: «le pays des résistants», pour reprendre une affirmation largement vulgarisée par le Dr Theodore Kiamossi, ancien sous-préfet de Mbandza-Ndounga, d’heureuse mémoire. Un chef de tribu y régnait en maître absolu, et semblait posséder des pouvoirs surnaturels: c’est Tâ Kibuatu. Il s’opposait à toute pénétration étrangère dans sa zone et semblait dire: «deux coqs ne peuvent pas vivre dans un même poulailler». Tâ Kibuatu avait ses multiples hommes-de-main dont le célèbre Malonga Jean dit Bueta Mbongo, qui sera assassiné par décapitation par le colon, vers 1823. C’est-ce que le père Schaub va appeler «la guerre de Kimpandzu» qui aura également pour conséquence le déplacement de la capitale Kahounga-Foulakari pour l’actuel Kinkala. D’autres natifs de Mbandza-Ndounga feront parler d’eux plus tard par des haut-faits historiques de grande portée: André Grenard Matsoua, né le 17 janvier 1899, à Mandzakala, mort probablement vers janvier 1942, en prison, à Mayama. Mgr Prosper Philippe Augouard voulait absolument pénétrer à l’intérieur du pays, remonter Nkuna (Congo) le plus loin possible. C’est pour cela qu’il fit un 1er voyage en 1881. Ce n’est qu’en 1883, qu’il put atteindre l’intérieur du Congo actuel, en compagnie de M. Dolisie, du Père Kraft, du Frère Savinien et de ses nombreux porteurs dans l’un des bateaux célèbres, le Léon XIII ou  le Pie X dit Diata-Diata, en passant par la rivière Kahounga-Foulakari, une zone hostile aux colons. C’est plutôt à Loukami que Mgr Prosper Philippe Augouard va traverser pour atteindre le village Linzolo où il finit par implanter la première église de la mission catholique au Congo, appelée Saint-Joseph de Linzolo (…)
Sur le plan administratif, le district de Mbandza-Ndounga est situé à 52 Km au sud de Brazzaville, sur la voie carrossable Nganga Lingolo-Voka. Avec une superficie de 800 Km2, il est limité au nord par le district de Goma Tsé-Tsé, au sud par le district de Boko, à l’est par le fleuve Congo (sur 36 km et, donc, la RDC) et à l’ouest par le district de Kinkala. Il est créé en 1963 par décret n°63/113 du 27 mai 1963. Ce poste administratif ouvrira officiellement ses portes en 1969. A cette date, il fut le premier Poste de contrôle administratif (PCA) en République Populaire du Congo. La loi n°19-95 du 18 septembre 1995 a érigé le PCA de Mbandza-Ndounga en District. Depuis 2003, le district de Mbandza- Ndounga compte 34 villages et deux quartiers.
L’Église, en vertu de sa nature propre et de son appartenance spécifique à la société n’est pas restée en marge de l’évolution du district. C’est ainsi qu’en 1968, le 1er janvier, est bâtie à Nkankata la paroisse Sainte-Marie qui est un don de Victor Malanda Nkounkou dit Croix-Koma à l’Eglise catholique. La paroisse Sainte-Marie sera l’une des paroisses phare de Mbandza-Ndounga, rattachée à l’archidiocèse de Brazzaville, par l’entremise de la mission catholique de Linzolo.
Puis vint l’essaimage, la ruche est scindée en deux. Kinkala est érigé en diocèse, le 3 octobre 1987. Mbandza-Ndounga reste dans le nouveau diocèse. Quant à Linzolo, elle va demeurer dans l’archidiocèse de Brazzaville. La paroisse Saint-Matthieu deviendra la paroisse centre de Mbandza-Ndounga et elle est inaugurée en janvier 1988. Le 21 septembre, la paroisse célébre sa fête patronale. Son slogan: «Mbandza-Ndounga, Bâ bu bâ» (Mbandza-Ndounga ré-émergera). Le 1er prêtre à prendre possession de la paroisse est l’abbé Pierre Leborne, prêtre fidei donum français.
La paroisse va compter en son sein 18 communautés ecclésiastiques (4.000 habitants environ en 2015), réparties en sous-secteurs. Les curés qui ont succédé à l’abbé Pierre Leborne (1988-1996) sont: abbé Félix Maboungou (1997-1998), père Jean Missongo (2002-2004), abbé Victor Miaka-Nzaba (2004-2008), abbé Bertin Foueti (2009-2010), abbé Guy Roland Mouyamba (2011-2013), abbé Salomon Clausel Mambou (2014-2016), abbé Daleb Wenceslas Mpassy (depuis 2016), abbé Paraclet Reise Moutsila (Coopérant depuis 2017) et le séminariste stagiaire Druprel Nkounkou.
Mgr Louis Portella Mbuyu, évêque de Kinkala, a jugé nécessaire de lancer les travaux de construction d’un nouveau presbytère, en 2007, afin de redynamiser la vie pastorale dans ce secteur en proie aux prédateurs véreux. L’histoire de la paroisse Saint-Matthieu de Mbandza-Ndounga va se confondre avec celle du diocèse de Kinkala, avec le départ des spiritains en 1987. La paroisse Saint-Matthieu de Mbandza-Ndounga s’apprêtait à lancer l’ouverture, pendant l’année pastorale 2016-2017, de la célébration jubilaire de ses 30 ans d’existence. C’est le jubilé de Perle. Malheureusement, le jubilé ne se fêtera pas à la suite des troubles sociopolitiques et militaires de Brazzaville et dans le département du Pool. Mbandza-Ndounga va payer le plus lourd tribut pour sa énième fois dans ce que les politiques qualifieront de «bêtise humaine». Mais la détermination reste ferme pour que ce jour de joie voie le jour: chaque chrétien ressortissant de Mbandza-Ndounga est invité à participer à hauteur de 5.000 F CFA pour sa réussite. Il est demandé au peuple de Dieu, aux personnes de bonne volonté de participer à la réhabilitation de cet édifice, en apportant leur contribution multiforme, exhorte le Conseil pastoral paroissial.

Informations supplémentaires