Clôture des JMJ 2019, à Panama : La messe s’est tenue au Campus Saint Jean Paul II

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Le Pape François a présidé dimanche 27 janvier 2019, la messe de clôture des 34e Journées Mondiales de la Jeunesse, devant 700 000 pèlerins. Dans son homélie, le Saint-Père a appelé les jeunes à réaliser sans attendre l’amour du Seigneur, pour vivre dès à présent, avec passion, la mission particulière que Dieu leur confie. Quelques heures seulement après la fin de la veillée, à une heure matinale, le Saint-Père est arrivé en papamobile au Campus Saint Jean-Paul II, où des centaines de milliers de jeunes se sont rassemblées. Plusieurs chefs d’États étaient également présents : les présidents du Panama, du Costa Rica, de Colombie, du Guatemala, du Honduras, du Portugal et du Salvador.

 

Pour éviter une chaleur trop forte, le début de la messe finale de ces JMJ avait été  fixé à 7 heures. Dans la lumière déjà éblouissante du soleil levant, l’immense assemblée, parsemée de drapeaux de tous les pays du monde, a accueilli le Pape dans la liesse et les chants. Une importante chorale donnait le rythme en applaudissant avec un enthousiasme inlassable.
Au début de la cérémonie, Mgr Jose Domingo Ulloa Mendieta, archevêque de Panama, a prononcé une brève allocution, notamment pour remercier le Pape. Puis la messe a continué, les langues étrangères se succédant au gré des étapes de la célébration. La deuxième lecture a été lue en français.
Dans son homélie, le Pape François s’est largement appuyé sur l’Évangile du jour, tiré de saint Luc (Lc 1, 1-4; 4, 14-21). Un passage où Jésus «révèle l’heure de Dieu qui sort à notre rencontre». Dieu s’incarne en Jésus-Christ pour nous rejoindre aujourd’hui, en tout lieu, à tout moment: c’est «l’heure de Dieu qui, avec Jésus, se rend présent, se fait visage, chair, amour de miséricorde qui n’attend pas de situations idéales ou parfaites pour sa manifestation, ni n’accepte d’excuses pour sa réalisation», a expliqué le Pape. Ainsi, selon la formule du Saint-Père «en Jésus, l’avenir promis commence et prend vie». Les personnages de l’Évangile manifestent cependant bien des réticences. «Tous les habitants de Nazareth n’étaient pas prêts à croire en quelqu’un qu’ils connaissaient et avaient vu grandir et qui les invitait à mettre en œuvre un rêve tant espéré», a fait remarquer le Pape. Une attitude qui peut être la nôtre, a mis en garde le pape François: «nous ne croyons pas toujours que Dieu peut être si concret et si quotidien, si proche et si réel, et encore moins qu’il se rend si présent et agissant à travers une personne connue, comme peut l’être un voisin, un ami, un parent. Nous ne croyons pas toujours que le Seigneur peut nous inviter à travailler et à nous salir les mains avec lui pour son royaume, de manière si simple mais si forte». Autrement dit, les «fois sont nombreuses où nous nous comportons comme les habitants de Nazareth et préférons un Dieu à distance: beau, bon, généreux, mais à distance et qui ne gêne pas».

Un amour exigeant
Il faut donc accueillir Dieu, et par conséquent s’engager à vivre la charité en actes. Un «Dieu proche et quotidien, ami et frère, nous demande de tirer les enseignements en terme de proximité, de vie quotidienne et surtout de fraternité», a souligné le Souverain Pontife. «Il n’a pas voulu se manifester de manière angélique ou spectaculaire, mais il a voulu nous offrir un visage fraternel, amical, concret, familier. Dieu est réel parce que l’amour est réel, Dieu est concret parce que l’amour est concret». Cette exigence peut faire peur, ou susciter le doute envers nos frères. «Et ce qui est né pour être prophétie et annonce du Royaume de Dieu finit enchaîné et appauvri. Vouloir enchaîner la parole de Dieu est chose quotidienne», a regretté le Pape François.
La jeunesse n’est pas une «salle d’attente»
Le Saint-Père s’est alors adressé aux jeunes avec vigueur: «il peut vous arriver la même chose chaque fois que vous pensez que votre mission, votre vocation, que même votre vie est une promesse seulement pour l’avenir et n’a rien à voir avec votre présent. Comme si être jeune était synonyme de salle d’attente de celui qui attend son heure», a déclaré le Pape en une frappante expression imagée. «Et dans l’”entre-temps” nous vous inventons ou vous vous inventez un avenir hygiéniquement bien emballé et sans conséquences, bien armé et garanti, tout “bien assuré”. C’est la “fiction” de la joie», a dénoncé François. Alors, s’est-il désolé, «vos rêves perdent de la hauteur, commencent à s’assoupir et deviennent des “rêvasseries” au ras du sol, mesquines et tristes, seulement parce que nous considérons ou vous considérez que ce n’est pas encore votre heure; qu’il y a assez de jeunes à s’impliquer, à rêver et à travailler à demain».
Le Synode, un temps
précieux de rencontre
Le Saint-Père a ensuite fait référence au Synode d’octobre 2018 consacré aux jeunes, mentionnant l’un de ses fruits:  «la richesse de l’écoute entre générations, la richesse de l’échange et la valeur de reconnaître que nous avons besoin les uns des autres, que nous devons faire des efforts pour favoriser les canaux et les espaces où s’impliquer pour rêver et travailler à demain, dès aujourd’hui. Mais pas de manière isolée», a précisé le Pape, plutôt «ensemble, en créant un espace commun. Un espace qui ne s’offre ni ne se gagne à la loterie, mais un espace pour lequel vous devez aussi vous battre».
Vous êtes «l’heure de Dieu»
«Chers jeunes», a continué le Saint-Père, «vous n’êtes pas l’avenir mais l’heure de Dieu. Il vous convoque et vous appelle dans vos communautés et vos villes à aller à la recherche de vos grands-parents, de vos aînés; à vous lever et, à prendre la parole avec eux et à réaliser le rêve que le Seigneur a rêvé pour vous». Après avoir lancé cet appel, le Pape a montré aux fidèles l’importance de vivre dans l’amour du Père: se laisser aimer par Lui, et L’aimer en amoureux, à travers notre propre mission. «Ce qui vous fait tomber amoureux atteindra non seulement votre imagination mais aussi affectera tout. Ce sera ce qui vous fera lever le matin et vous poussera dans les moments de lassitude, ce qui brisera le cœur et ce qui vous remplira d’étonnement, de joie et de gratitude», a souligné le Souverain Pontife. «Sentez que vous avez une mission et tombez-en amoureux, cela décidera tout. Nous pourrons tout avoir, mais s’il manque la passion de l’amour, tout manquera. Laissons le Seigneur nous aimer!», a-t-il lancé.
Les prochaines JMJ se
tiendront à Lisbonne en 2022
La capitale du Portugal, Lisbonne, a été choisie pour l’accueil du prochain rassemblement mondial des Journées Mondiales de la Jeunesse en 2022. La ville accueillera le prochain rassemblement mondial des JMJ à l’été 2022. Après Rio de Janeiro en 2013, il s’agira de la deuxième rencontre organisée dans un pays lusophone. Lisbonne sera la 8e ville d’Europe à recevoir l’évènement, après Rome, Saint-Jacques-de-Compostelle, Czestochowa, Paris, Cologne, Madrid et Cracovie. Il pourrait s’agir du 2e voyage apostolique du Pape François au Portugal, après sa visite de 2017 à Fatima pour le centenaire des apparitions de la Vierge Marie.

Gislain Wilfrid BOUMBA

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