Deuxième édition du Conseil diocésain de l’Ecole catholique de Kinkala : Consolider les acquis d’une école solidaire dans le Pool

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L’église cathédrale Sainte Monique de Kinkala a servi de cadre, du 1er au 2 juin 2019, à la tenue de la deuxième édition du Conseil diocésain de l’Ecole catholique et la célébration de la Journée internationale de l’enseignement catholique de façon différée, à l’occasion de la solennité de la fête de l’Ascension, sur le thème: «L’Ecole catholique du diocèse de Kinkala face aux défis de l’éducation à l’humanisme solidaire, paradigme de la civilisation de l’amour».

Ces assises ont connu la participation de plus d’une cinquantaine de délégués venus des six établissements scolaires et préscolaires que compte le diocèse de Kinkala: Inspecteurs, directeurs d’établissements scolaires, coordonnateurs, enseignants, promoteurs et partenaires de l’Ecole catholique.

Les cérémonies d’ouverture et de clôture ont été présidées par Mgr Louis Portella Mbuyu, évêque de Kinkala et président de la Commission diocésaine de l’Ecole catholique. Les abbés Guy Roland Mouyamba et Jean-Baptiste Kintombo, respectivement, aumônier et directeur diocésain de l’Ecole catholique de Kinkala y étaient présents. C’est l’abbé Jean-Baptiste Kintombo qui a ouvert les allocutions, au cours desquelles, il a regretté que certains parents d’élèves soient démissionnaires et ne jouent pas pleinement leur rôle. «L’Eglise est plénipotentiaire, puisque l’éducation est nationale et qu’elle est là, pour accompagner l’Etat. Soyons tous Un et travaillons en synergie avec les partenaires, notamment les parents d’élèves et les organismes internationaux pour une formation intégrale des enseignants et de tout l’homme pour un meilleur rendement scolaire».   
Pour sa part, l’évêque de Kinkala a cité le Pape Benoît XVI qui disait: «les Ecoles catholiques sont les précieux instruments qui permettent à l’enfant d’apprendre dès le bas-âge l’éducation scolaire. Elles doivent être des espaces privilégiés où l’enfant apprend à s’ouvrir aux autres, à pardonner au sens de la charité et de l’amitié. Eduquer un enfant aux valeurs de l’humanisme, c’est relever les défis qui sont encore énormes, ainsi que les obstacles qui sont nombreux».   
Les participants ont eu droit à un exposé de cadrage portant sur «les enjeux du Conseil diocésain de l’Ecole catholique de Kinkala», présenté par Antoine Bouba-Bouba, chef de service de la promotion de l’identité catholique et de la formation à la Commission épiscopale de l’éducation catholique (CEEDUC). Puis, les directeurs des établissements scolaires Notre-Dame de la providence de Voka, Sainte Thérèse de Missafou, Sainte Jeanne-d’Arc de Madzia, Notre-Dame de la miséricorde, Centre préscolaire Notre-Dame de la miséricorde et le collège catholique Saint-Augustin de Kinkala, se sont exprimés à tour de rôle pour présenter leurs rapports pour un échange d’expérience. Un seul établissement scolaire était absent, le collège catholique Chaminade, institut de Voka. Un exposé a porté sur «l’Agir en réseau, facteur déterminant pour la promotion de l’éducation à l’humanisme solidaire dans les Ecoles catholiques du diocèse de Kinkala», par l’abbé Jean-Baptiste Kintombo. Puis, il y a eu «les six défis de la génération 2050 dans la perspective du projet école verte», développés par Bernard Kouba, chef de service de l’environnement scolaire et des projets à la CEEDUC.     
Dans son exposé, Antoine Bouba-Bouba a fait un regard rétrospectif de la situation de l’Ecole catholique depuis son origine jusqu’aujourd’hui. «L’Ecole catholique du diocèse de Kinkala est un des maillons d’une chaîne qui, au Congo, se déploie depuis 1890, année à laquelle Mgr Prosper Philippe Augouard faisait sortir de terre les murs des premières Ecoles catholiques, avec une interruption de près de trois décennies, ayant consacré la nationalisation des écoles confessionnelles. A cette époque, l’Eglise catholique possédait déjà 305 établissements scolaires sur les 425 que comptait tout le pays, 119 autres revenaient à l’enseignement public et aux autres confessions religieuses. Les statistiques révèlent que plus de 67,39% des cadres de ce pays sont des produits finis de Marcellin Champagnat de Makoua, Joseph Guillaume Chaminade de Brazzaville, Mgr Hyppolite Marie Carrie de Pointe-Noire, par exemple. Aujourd’hui, nous sommes à 233 établissements scolaires des deux types, répartis sur les neufs diocèses, pour 55.349 apprenants tous cycles confondus (maternel, primaire, secondaire premier et deuxième degré de l’enseignement général et technique), et 3.996 enseignants, dont une écrasante majorité du personnel pris en charge, du point de vue des émoluments par l’école elle-même. A vrai dire, l’Ecole catholique au Congo souffre encore des séquelles de près de trois décennies de nationalisation, plus de vingt ans après le début du processus de rétrocession. Elle n’a toujours pas atteint sa vitesse de croisière et, par moment, on a l’impression de faire du sur place. Tout de même, l’Ecole catholique fonde beaucoup d’espoir sur la mise en œuvre de l’Accord-cadre signé le 3 février 2017 entre l’Etat du Vatican et l’Etat congolais et qui devrait aider à aplanir certaines difficultés du moment. Récemment, l’Ecole catholique au Congo a mis en œuvre un projet innovant intitulé: Ecole verte avec planting d’arbres, gazon, jardins d’ornements, potagers que la délégation de la CEEDUC présentera aux assises de l’Assemblée générale de l’Office international de l’enseignement catholique  (OIEC) devant regrouper 1000 délégués, du 5 au 8 juin 2019 à New York, aux Etats unis d’Amérique. La délégation du Congo est conduite par Mgr Anatole Milandou, archevêque métropolitain de Brazzaville, président de la CEEDUC et se compose de: sœur Agnès Clarisse Nkourissa, secrétaire générale et Raoul Sika, responsable des ressources humaines et des affaires administratives à la CEEDUC», a dit Antoine Bouba-Bouba.
Parlant du projet école verte, Bernard Kouba a indiqué que les signaux faibles de 2018 dessinent les tendances fortes de 2050. «Cette problématique nous place devant une réflexion: Qui dit augmentation de la population dit impact sur l’environnement pendant que les ressources sont limitées. Il faut développer des techniques de production plus performantes pour produire plus d’alimentation pour les 2,5 milliards que l’Afrique comptera en 2050. Il faut tendre vers le terme zéro déchet en améliorant les techniques de production, de commercialisation et de conservation des produits. L’initiation à la production par l’installation des jardins et vergers scolaires, ainsi que du petit élevage de basse-cour (poules, canards, pigeons et autres). Mettre à profit l’hygiène et l’assainissement de notre environnement scolaire, afin de lutter contre les maladies des mains sales».
Aux termes des travaux, le conseil a félicité l’élève Drancy Koudissa du collège d’enseignement général Saint-Augustin de Kinkala pour avoir obtenu 17 de moyenne au BEPC, session de juin 2018 et déclaré meilleur élève du département du Pool, aujourd’hui admis en classe de seconde au lycée inter départemental d’excellence de Madingou, dans la Bouenza. Une motion de soutien a été aussi adressée à tous les élèves (filles et garçons) de la classe de 3e du collège d’enseignement général Saint-Augustin qui sont internés sur place.
Des recommandations ont été formulées:
Créer les conditions nécessaires en dotant les établissements scolaires catholique en matériel didactique et en infrastructures viables permettant aux enseignants de prester en toute aise; renforcer les mesures disciplinaires au sein de l’école catholique; affecter le personnel enseignant afin que le déficit actuel des enseignants actifs soit résorbé; insérer dans les programmes d’enseignement scolaire l’utilisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication; établir une synergie entre la commission diocésaine de l’éducation catholique (CDEC) et les autres commissions diocésaines en charge de la pastorale de l’enfance et de la jeunesse, afin d’élaborer un projet éducatif commun; sensibiliser davantage les familles sur l’école catholique pour une bonne éducation de base; les établissements scolaires catholiques doivent bénéficier d’un soutien réel du Gouvernement et des fidèles laïcs pour relever les défis qui s’imposent dans la pastorale de l’éducation. Comme disait Nelson Mandela: «l’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde».
Dimanche 2 juin, une messe a été célébrée à la Place mariale de la cathédrale Sainte Monique par Mgr Louis Portella Mbuyu à laquelle ont pris part tous les participants.

Pascal BIOZI KIMINOU

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