Nécrologie : Hommage à Germain Bisset
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- Publié le mercredi 26 janvier 2011 16:01
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L’ancien journaliste sportif de «La voix de la révolution con golaise» (aujourd’hui: Radio-Congo), Germain Bisset, s’est éteint, mardi 18 janvier 2011, à Beauvais (France). Il est né vers 1938, à Kingoué, dans la préfecture de la Bouenza. Marié, il laisse une nombreuse progéniture.
Germain Bisset est entré en journalisme par le biais des 1ers Jeux Africains de juillet 1965, organisés à Brazzaville. Il forme un trio de stagiaires, à l’orée de ces Jeux, avec Paul Okouo et Ghislain Joseph Gabio, le futur «Monsieur Tao-Tao». A cette époque des vaches maigres où les reporters sportifs étaient une denrée rare. Trois jeunes gens, nagras en bandoulière, font leur apprentissage, chaque week-end, notamment au Centre sportif de Bacongo (aujourd’hui : Centre sportif universitaire de Makélékélé). Ils sont une curiosité pour certains. Au sortir des 1ers Jeux Africains, il ne restera plus que Ghislain Joseph Gabio et Germain Bisset, Paul Okouo ayant rejoint son corps d’origine, certainement les Ptt…
Germain Bisset, tout comme son collègue Gabio, s’affirme au fil des mois et des années. Les auditeurs de «La voix de la révolution congolaise» se délectent de ses reportages en direct, favorisés par l’épopée de stars, rois après le roi Pelé, pendant que des bataillons de supporters se bousculaient au portillon du stade, pour ne pas manquer à leurs ballets. Le football était spectacle et joie. Il y avait des joueurs fabuleux, irrésistibles, adulés, dont on épiait et savourait le moindre geste technique. Feu-follet des Diables-Noirs, Germain Dzabana «Jadot», par exemple, avait épuisé les superlatifs. Le dernier est venu, justement, de Germain Bisset. On est au soir du match retour de la Coupe d’Afrique des clubs champions 1966 où, contre toute attente, les Diables-Noirs, battus au Stade de la Révolution (2-1), à Brazzaville, brisent les reins au F.C. Dragon de Kinshasa, au Stade du 20-Mai: 2-0. Si Bikoudi «Bistouri» a été l’artisan des buts diablotins, Dzabana «Jadot» aura été l’homme-orchestre des Diables-Noirs, au cours de cette rencontre qui a battu le record d’affluence. Germain Bisset lui fait, spontanément, prendre du galon, celui de «maréchal». Un nom de guerre de plus qui le rendra célèbre et l’accompagnera jusque que dans sa tombe. «Maréchal Jadot» est né par une spontanéité de Germain Bisset.
Le triomphe de Congo-Sport à la 8ème Coupe d’Afrique des nations de football, en 1972, à Yaoundé, a contribué, aussi, à immortaliser les voix de nos plus grands héros du micro: Germain Bissé et Ghislain Joseph Gabio. Elles expriment, tour à tour, une inquiétude normale et un éclatement de poumons qui salue l’inattendue victoire congolaise. Elles sont inarrêtables, lorsqu’elles célèbrent cette victoire.
Diantre! Pourquoi s’endormir si loin des bords de Nduo et du Congo? L’homme cherche toujours à se perfectionner. Et Germain Bisset, en stage en France, n’a plus jamais secoué les tripes des chers «zauditeurs» sportifs congolais. Il s’y est définitivement installé. Pour y écouler ses derniers jours. Aura-t-il, un jour, une sépulture à Kingoué, où il est né, il y a soixante-douze ans ? Bel hommage, alors, à ce chevalier congolais du micro!
Fulbert KIMINA-MAKUMBU







