Obsèques de Nino Malapet, chef d’orchestre des Bantous de la capitale : Après l’hommage de la République, l’artiste a été inhumé au cimetière du centre-ville

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Décédé le 29 janvier 2012, à l’âge de 77 ans, à l’hôpital central des armées Pierre Mobengo, à Brazzaville, des suites d’une longue maladie, le virtuose saxophoniste et chef d’orchestre des Bantous de la capitale, Nino Malapet (Jean Dieudonné Nino Malapet, à l’état civil), a été porté en terre, le mercredi 15 février dernier, au cimetière du centre-ville de la ville-capitale. Après un hommage de la République, au Palais des congrès. Sous le patronage du président de la République, Denis Sassou Nguesso. En présence des membres du gouvernement, de l’assemblée national et du sénat, du Représentant de l’Unesco au Congo, Abdourahmane Diallo, des autres représentants du Système des Nations Unies, des promoteurs  culturels, des artistes, des parents, amis et connaissances du disparu, dont certains venus de Kinshasa.

Jean-Dieudonné Nino Malapet repose, désormais, dans le silence éternel, loin de son instrument de prédilection, le saxophone, comme son très cher et tendre ami jouant du même instrument, Jean-Serge Essous. Le président de la République, Denis Sassou Nguesso, et l’ensemble des membres du gouvernement, les représentants du système des Nations Unies, les promoteurs culturels, les amoureux de la culture se sont prosternés, tour à tour, devant la dépouille de l’illustre disparu, pour lui rendre un hommage digne de son rang. Devant une assistance éplorée et endolorie.
Dans l’oraison funèbre, Jean-Claude Gakosso, ministre de la culture et des arts, a loué le talent artistique de Nino Malapet. «Dans le Negro Jazz, Nino Malapet est, d’abord, à la guitare, cette guitare que lui a enseignée Joseph Kaba. Puis, curieusement, on le voit jouer au saxophoniste…avec une certaine aisance et même une certaine délectation. Il avouera, plus tard, qu’en fait, qu’il profitait des absences de son oncle, Emmanuel Dadet, pour lui subtiliser son saxophone et s’exercer, en cachette, avec son ami, Jean-Serge Essous, qui, lui, était déjà virtuose de la clarinette. Le reste de sa vie, il l’a passé dans les Bantous de la capitale et y a mis tout son talent. Tout au long de sa vie, Nino Malapet a mis son talent au service des Bantous de la Capitale, au service de la musique, au service de la culture africaine. Nino Malapet était, véritablement, un meneur d’hommes dans le domaine qui était le sien. Un homme passionnément épris de son métier, un homme doué d’une remarquable capacité d’organisation  et d’une admirable  puissance de travail. Ce qui explique son leadership incontesté et son exceptionnelle longévité à la tête des Bantous de la Capitale», a-t-il soutenu.
De ses compositions, Jean-Claude Gakosso a fait savoir que Nino Malapet était, avant tout, au service des autres. Il était, essentiellement, un arrangeur de sonorités, un véritable orfèvre de l’harmonie dont l’intransigeance a donné ces innombrables chefs-d’œuvre qui ont égayé le public des mélomanes: «Wapi Gigi», «Bana y’Atomic», «Les Voyous», «Suzy», «Programme triennal», «Brazza-la-verte», «Brazza la centenaire», entre autres.                                                                                                                             
Des témoignages ont été légion autour de l’œuvre de Nino Malapet, entre autres, ceux qui nous été faits par le patron des Editions Mabélé, le grand discothécaire de tous les temps, et le ministre Alain Akouala Atipault. «En tant que grand discothécaire de la place, Nino Malapet était le grand baobab de la musique congolaise. Hier, nous avons perdu Jean Serge Essous, aujourd’hui, on vient de perdre Nino Malapet. C’est vraiment un trou pour la musique congolaise et, surtout, pour Les Bantous de la capitale. En tout cas, c’est un grand regret pour nous tous», a dit M. Mabélé.
«Nino Malapet est un grand artiste de notre pays que nous venons de perdre avec beaucoup de regrets. Je pense que l’héritage, du point de vue artistique, de Nino Malapet, doit inspirer les générations actuelles. Et, là justement, je pense  à ceux qui, aujourd’hui, assurent le leadership musical. Il faut qu’ils prennent le temps, je crois de faire une espèce d’introspection musicale, introspection  artistique. Réécouter tous les classiques des Bantous de la capitale, ils vont certainement s’en inspirer», a, pour sa part, affirmé Alain Akouala Atipault, grand mélomane.
Signalons que la dernière veillée funèbre de l’artiste a eu lieu, le mardi 14 février, au Stade Félix Eboué. A cette occasion, pour rendre, à leur manière, un vibrant hommage à Nino Malapet, les artistes musiciens, aussi bien de la vieille que de la nouvelle génération, ont livré un méga concert. C’était en présence, entre autres, de l’épouse du chef de l’Etat, Mme Antoinette Sassou Nguesso, et du ministre de la culture et des arts.

Pascal NGALIBO-YALA





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