B.d.e.a.c (Banque de développement des Etats de l’Afrique centrale) : «Une institution au service de l’émergence de la zone Cemac»

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Comme à chaque fin d’année, la  B.d.e.a.c  (Banque de développement des Etats de l’Afrique centrale) a présenté, du 20 au 21 décembre 2012, le bilan de l’année qui s’achève et ses perspectives pour l’année 2013, intitulé: «La B.d.e.a.c: une institution au service de l’émergence de la zone Cemac». A cette occasion, une série d’activités étaient organisées à l’hôtel Ledger et au siège de cette institution, à Brazzaville. Il s’agit, entre autres, de la présentation de la vision de la banque à l’horizon 2025 et du plan stratégique 2013-2017, ainsi que la présentation du programme de ses réformes. Une conférence de presse animée par Michaël Adandé, président de la B.d.e.a.c, a ponctué cette cérémonie de présentation du bilan 2012. C’était en présence d’André Nzapayeke, vice-président de la B.d.e.a.c, des chefs des missions diplomatiques et consulaires, des représentants des banques et des organisations et institutions internationales, etc.

Institution de référence pour  les financements du développement de la communauté des Etats de l’Afrique centrale, la B.d.e.a.c entend, par cet événement, s’inscrire dans la volonté de créer, désormais, un espace de communication avec le public et les partenaires. «Il se voudrait, surtout, une réponse aux besoins exprimés par tous les acteurs rencontrés, de disposer des informations à la source, afin de lever le voile qui semble entourer nos activités et rapprocher l’institution des populations», a déclaré Michaël Adandé, qui estime que le but recherché est d’améliorer l’image et les performances de la banque.
Des exposés développés, il ressort que l’ambition poursuivie par la B.d.e.a.c est de devenir une banque plus performante et, surtout, un partenaire de référence pour la Cemac, jouant un rôle dans le financement de l’intégration régionale et des investissements orientés vers le développement humain.
Cette vision de la banque se décline en sept axes, à savoir: être un acteur majeur dans le financement des projets d’infrastructures pour l’émergence des Etats, en 2025; mobiliser les excédents budgétaires des Etats pour les orienter vers les projets structurants; être une institution de référence en matière de financement des investissements du secteur privé et du secteur public marchand; être un émetteur de référence sur le marché financier de la Cemac; contribuer à la lutte contre la pauvreté, par le financement du développement à la base; être un partenaire de référence pour la sous-région Cemac; devenir un partenaire stratégique des Etats pour le développement durable.
Pour Michaël Adandé, cette vision prendra la forme de plans stratégiques quinquennaux dont l’objectif général est de renforcer, de manière significative, la capacité de la banque à mobiliser les ressources financières régionales et extérieures, pour le financement des économies, en vue d’une meilleure intégration régionale des Etats membres de la Cemac.
Ainsi, en application de son plan stratégique 2013-2017, la banque entend réaliser un volume d’engagement de 950 milliards de francs Cfa, contre 130 milliards, en 2012 et de décaissement de 588 milliards de francs Cfa, contre 52 milliards, en 2012.
Par ailleurs, en fonction des ressources concessionnelles disponibles, la banque ambitionne de consacrer 50% de ses financements pour le secteur public non marchand, et 50% du secteur privé et au secteur public marchand.
Selon ses estimations, les engagements projetés seront réalisés suivant la progression annuelle suivante: 2013 (150 milliards de francs Cfa), 2014 (170 milliards), 2015 (190 milliards), 2016 (210 milliards) et 2017 (230 milliards).
Par contre, le programme des réformes initié depuis 2008 vise, quant à lui, à renforcer les capacités d’intervention de la banque, ainsi que sa gouvernance, pour lui permettre de mieux remplir ses missions stratégiques. En outre, il permettra d’améliorer les performances de l’institution et sa crédibilité auprès de ses partenaires.
A en croire, Michaël Adandé, la direction de la banque, qui fait de la réussite des réformes, son défi majeur, mettra tout en œuvre pour y parvenir. «La banque devrait, en 2017, avoir une solidité financière renforcée et faire preuve d’une efficacité organisationnelle et opérationnelle aux standards internationaux dans les institutions similaires, et se rapprocher de sa vision, à l’horizon 2025. La réalisation de ces objectifs passe, nécessairement, par la mise en œuvre effective du programme des réformes. La B.d.e.a.c parviendra à jouer, pleinement, le rôle pour lequel il a été créé», a-t-il déclaré.
Au cours de sa conférence de presse, Michaël Adandé est revenu sur le licenciement d’un Congolais. Pour lui, la banque n’avait jamais porté plainte contre un de ses agents, mais plutôt contre X. «Quand son intégrité est en jeu, la banque se doit d’informer les autorités. Voilà pourquoi une correspondance a été faite, dans laquelle j’ai utilisé la formule plainte contre X. Dans leurs investigations, les agents de la sécurité ont estimé qu’il fallait interpeller un agent. Toutes les intrigues qui se passaient à la banque ont conduit certains agents à vouloir accéder à des informations confidentielles. Raison pour laquelle ils ont subtilisé l’ordinateur qui a été confié au cabinet en charge des ressources humaines. Ils l’ont pris et ont mis ces informations sur la messagerie de la banque. Quand il s’est agi de retrouver l’ordinateur, on a interrogé tout le monde. Notre chance, c’est qu’il y a des caméras dans l’immeuble», a-t-il fait savoir.
S’agissant de la réhabilitation du siège de la banque, le président de la B.d.e.a.c pense qu’il faut, plutôt, raser l’immeuble, pour en construire un autre. «Dans peu de temps, ce bâtiment va être complètement insignifiant». Sur la «gabonisation» de l’institution, Michaël Adandé a affirmé que si cela était vrai, il l’aurait reconnu. «La banque compte 87 agents, dont 38 Congolais, 11 Centrafricains, 17 Camerounais, 2 Equato-guinéens et 8 Tchadiens. Elle reste ouverte à tous les compatriotes de la sous-région et il n’y a pas d’exclusion à faire», a-t-il indiqué.
Quant au nombre de missions effectuées, l’orateur a justifié ces déplacements par le nombre des Etats membres. «La banque appartient à six Etats, cela fait déjà beaucoup de déplacements. Il y a des missions statutaires auxquelles on ne peut pas déroger. D’autres, sont des missions ad hoc. Pour mobiliser les ressources, il me faut se déplacer. Je suis tellement à l’aise qu’on peut aller vérifier les dossiers. Je fais tout pour coûter le moins cher à la banque. Ce sont donc des missions indispensables pour l’institution», a-t-il renchéri. 

Cyr Armel YABBAT-NGO