Burkina Faso : Un civil, Michel Kafando, choisi pour diriger la transition d’un an

  • Imprimer
Note utilisateur:  / 0
MauvaisTrès bien 

La transition burkinabé est, maintenant, en place. Peut-on dire, avec la désignation, lundi 17 novembre 2014, très tôt, dans la matinée, après une nuit de tractations, suivant le processus prévu par la charte de transition adoptée, deux jours auparavant, de l’ancien ministre des affaires étrangères, Michel Kafando, 72 ans, comme chef d’Etat de transition au Burkina Faso.

«Plus qu’un honneur, c’est une redoutable responsabilité qui m’échoit, dont j’entrevois déjà les écueils et l’immensité de la tâche», a déclaré le nouveau chef d’Etat burkinabé, qui a été désigné par un collège composé de civils et de militaires. Michel Kafando succède ainsi à Blaise Compaoré, qui a démissionné du pouvoir, le 31 octobre dernier, sous la pression de la rue, après un intermède de quelques jours assuré par le lieutenant-colonel Isaac Zida, lui-même, désigné par l’armée, le 1er novembre dernier.

L’armée a remis le pouvoir aux civils. Elle a respecté le délai donné par l’Union africaine, même si l’organisation continentale avait, elle-même, estimé, par la suite, que ce délai pouvait être allongé.
C’est ce qu’on peut retenir de la désignation du nouveau chef d’Etat, suivant les modalités prévues par la charte de transition, signée par la classe politique, la société civile, l’armée et les chefs traditionnels burkinabés, dimanche 16 novembre, et qui tient lieu de constitution intérimaire. Michel Kafando a été choisi sur cinq candidats présélectionnés. Le collège de désignation n’avait retenu, finalement, que trois candidats. L’archevêque de Bobo-Dioulasso, Mgr Paul Ouédraogo, avait décliné l’offre, tout comme un journaliste, Newton Ahmed Barry. Il restait trois candidats: Michel Kafando, l’ex-ministre de Thomas Sankara, Joséphine Ouédraogo, et le journaliste Cherif Sy. La Conseil constitutionnel, de nouveau en fonction depuis le rétablissement de la Constitution annoncé le samedi 15 novembre par le lieutenant-colonel Zida, a validé la charte de transition, puis la désignation de Michel Kafando, un ancien diplomate qui a été ambassadeur, représentant du Burkina Faso auprès des Nations unies (de 1981à 1982), puis, de 1998 à 2011. Il a été ministre des affaires étrangères de son pays, de 1982 à 1993.
La première tâche du chef de la transition burkinabé est de nommer le premier ministre suivant la charte de transition, avant de mettre en place le gouvernement de transition, puis le parlement de transition, pour converger à l’organisation de l’élection présidentielle prévue en novembre 2015. Le Burkina Faso ouvre, ainsi, une nouvelle ère de son histoire, en renvoyant les militaires dans leurs casernes.

Joêl NSONI