France : Grande vague d’indignation, après l’attaque terroriste contre Charlie Hebdo

  • Imprimer
Note utilisateur:  / 1
MauvaisTrès bien 

Journal hebdomadaire satirique français, Charlie Hebdo a été victime, mercredi 7 janvier 2015, d’une attaque meurtrière, à l’arme de guerre, ayant fait douze morts, dont huit journalistes, deux policiers, un employé et un invité. Parmi les huit blessés enregistrés, quatre sont dans un état grave. Les journalistes étaient en conférence de rédaction hebdomadaire, au deuxième étage, quand deux assaillants, armés de Kalachnikov, en tenue noire et cagoulés, ont fait irruption et ouvert le feu.

Le directeur de publication, Charb, célèbre caricaturiste du journal, de son vrai nom Stéphane Charbonnier, est parmi les victimes de la fusillade. Le président François Hollande s’est rendu au siège du journal, quelque temps après et a évoqué «un attentat terroriste». Avant de s’en aller, les assaillants, qui se revendiquerait d’Al Qaida, ont crié avoir vengé le prophète Mahomet. Cet attentat a suscité une grande vague d’indignation en France et à travers le monde, et un élan de solidarité a spontanément vu le jour à travers la campagne «Je suis Charlie». Le gouvernement français a élevé le plan vigipirate au niveau «alerte attentats», et depuis, la police française est aux trousses des deux présumés terroristes qui ont réussi, jusque-là, à s’échapper.

Les réactions, souvent empruntes d’émotion, se sont multipliées à travers le monde, pour condamner l’attentat dont le journal Charlie Hebdo a été la cible.  «Le Saint-Père exprime sa plus ferme condamnation de cette horrible attaque», a déclaré le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi. «Quelle que soit son mobile, cette violence meurtrière est abominable et n’est jamais justifiée», a-t-il précisé.
Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon, a fait part de son «indignation» face à cette «attaque abjecte», «un crime de sang-froid, affreux et injustifiable», qui vise à «diviser». «Nous ne devons pas tomber dans le piège», a-t-il souhaité.
Dans un communiqué publié par la Maison Blanche, le président américain Barack Obama, «condamne fermement l’horrible fusillade dans les locaux du magazine Charlie Hebdo, à Paris». «La France est le plus ancien allié de l’Amérique et elle a été côte-à-côte avec les Etats-Unis, dans la lutte contre les terroristes qui menacent notre sécurité commune et le monde», a-t-il ajouté.
Le premier ministre britannique, David Cameron, a, quant, à lui estimé que «les meurtres de Paris sont écoeurants. Nous sommes aux côtés du peuple français dans le combat contre la terreur et la défense de la liberté de la presse». De nombreux dirigeants dans le monde, à l’instar du premier ministre italien, de la chancelière Angela Merckel, du président russe, Vladimir Poutine, etc, ont condamné ce crime abjecte.
Du côté des populations, des manifestations de compassion, d’hommage aux victimes et de soutien au journal Charlie Hebdo se multiplient en France comme ailleurs dans de nombreux pays. C’est le choc et l’horreur au sein de la communauté internationale qui, une fois de plus, vient de prendre la mesure de la barbarie dont sont capables les ennemis de la démocratie et de la liberté d’expression.
L’onde de choc n’a pas laissé indifférente la presse africaine où des voix s’élèvent non seulement pour condamner l’horrible attentat, mais également manifester le soutien au journal victime. Dans un message publié le 8 janvier, l’A.e.p.c (Association des éditeurs de presse du Congo) «condamne, avec la dernière énergie, le lâche assassinat de nos collègues qui avaient la caricature comme art noble d’expression. Elle réaffirme, une fois de plus, son attachement à la liberté d’expression aussi bien au Congo-Brazzaville que partout dans le monde».
En France, la police continue de traquer les présumés terroristes dont l’identité a été dévoilée. Il s’agit de deux frères, Saïd (30 ans) et Chérif Kouachi (32 ans), de nationalité française. Déjà, sept personnes de leur entourage ont été placées en garde à vue. De nouveaux incidents sanglants se sont produits dans la journée du jeudi 8 janvier,  alors que la police poursuit «la chasse à l’homme». Décidément, le métier de journaliste est très exposé, d’où la nécessité de sa protection. Il faut dire que c’est depuis deux ans que Charb était sous la menace des djihadistes, après un dessin sur Mahomet. On lui avait affecté un policier comme garde du corps, qui a été assassiné avec lui.

Joël NSONI