Presse : Les journalistes congolais ont rendu hommage au journal Charlie Hebdo

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A l’initiative de l’A.e.p.c (Association  des éditeurs de presse du Congo), de l’U.p.f (Union internationale de la presse francophone) Section Congo, de l’O.c.m (Observatoire congolais des médias), et de l’Association des correspondants de la presse internationale, un nombre important de journalistes congolais se sont retrouvés, samedi 10 janvier 2015, au siège du quotidien «Les Dépêches de Brazzaville», pour un  hommage au journal Charlie Hebdo, victime d’une attaque terroriste, le mercredi 7 janvier, ayant fait sept morts parmi les journalistes et caricaturistes, au moment où ils étaient en pleine conférence de rédaction.

Ils ont publié une déclaration, pour manifester leur soutien à Charlie Hebdo et condamner cette attaque barbare contre la liberté d’expression.

Sous le patronage d’Adrien Wayi Lewi, président de la Section Congo de l’U.p.f et de Joachim Mbanza, président de l’A.e.p.c, les journalistes congolais ont échangé sur le journal Charlie Hebdo et sur l’usage de la caricature dans la presse, avant d’adopter une déclaration qui a été rendue publique, à l’issue de leur rencontre.
Dans son allocution de circonstance, Adrien Wayi a résumé en trois mots, l’état d’esprit des journalistes congolais: «Choc, émotion et consternation». Il a présenté le sens de la rencontre qui est de rendre un hommage particulier aux confrères français, victimes d’un véritable carnage terroriste, alors qu’ils étaient réunis en conférence de rédaction. «Une première dans le monde», a-t-il indiqué.
Pour sa part, Joachim Mbanza a fait une brève présentation du journal satirique Charlie Hebdo et rappelé les faits dramatiques. «Ils étaient en pleine conférence de rédaction, autour de leur directeur, Charb, qui était, lui-même, un grand caricaturiste. L’un des terroristes, armé d’une Kalachnikov, une arme de guerre qui fait des dégâts terribles, l’a appelé par son nom, Charb, avant d’ouvrir le feu sur lui. Ils ont tué sept journalistes autour de la table, tandis que d’autres étaient grièvement blessés», a-t-il dit, comme pour souligner que c’est bien la presse qui était visée par les terroristes. D’ailleurs, en sortant, les deux agresseurs ont crié: «Nous avons tué Charlie», au nom de leur religion.
Turbo, journaliste caricaturiste congolais bien connu, de son vrai nom Aimé Serge Bazoungoula Bissemo, a fait un témoignage de son métier de caricaturiste. Il a reconnu que c’est une forme d’expression journalistique qui permet de passer l’information, à travers un dessin burlesque. Depuis qu’il fait son métier, en caricaturant des chefs d’Etat (Pascal Lissouba dans le passé et aujourd’hui Denis Sassou-Nguesso), des ministres, des leaders politiques, etc, il n’a jamais été menacé, et qu’il gagne sa vie à travers ce métier, a-t-il confié en substance.
Joseph Bitala-Bitémo,  journaliste et chargé de cours à l’Université Marien Ngouabi, a fait savoir que la caricature apporte une plus-value dans le journal. Il a souhaité que les journalistes congolais approfondissent cette forme d’expression journalistique. «L’horreur à son comble… des images insoutenables tendant à étrangler la presse… Comment peut-on tuer au nom de la religion?», s’est indigné Jean-Rodrigue Morapenda, directeur de Radio-Brazzaville.
Patrick Okamba, journaliste, directeur du Centre international de presse, a suggéré l’idée de la création d’une cellule de veille, dans le monde de la presse congolaise, pour sensibiliser sur les menaces, les agressions, les assassinats et tentatives d’assassinat dont les journalistes sont victimes.
La déclaration (voir l’intégralité en encadré) a été lue par Clotaire Hymboud, secrétaire général de l’A.e.p.c.
Après la rencontre, les participants ont partagé un pot fraternel, offert par Jean-Paul Pigasse, directeur de publication des «Dépêches de Brazzaville», quotidien qui a, d’ailleurs, consacré, dans son édition de samedi 10 janvier 2015, une page d’hommage à Charlie Hebdo, avec les photos des caricaturistes français assassinés (Charb, Cabu, Wolonski et Tignous). Les journalistes congolais ont ainsi marqué leur participation à la campagne: «Nous sommes tous Charlie». Deux députés indépendants, notamment José Cyr Ebina et Joseph Tsalabiendzé, ont apporté leur soutien moral à la presse congolaise, dont une délégation, conduite par Adrien Wayi-Lewi et composée de Bernard Mackiza, coordonnateur de l’O.c.m, Patrick Okamba, président de l’Association des correspondants de la presse internationale, Joachim Mbanza, président de l’A.e.p.c, et Sandrine Rimarithe Atipo Ntsai, assistante du Réseau panafricain des journalistes, a remis la déclaration des journalistes congolais à l’ambassadeur de France, Jean-Pierre Vidon.

Joël NSONI

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