U.pa.d.s : Pour Pascal Tsaty-Mabiala, le maintien de l’ordre constitutionnel est non négociable

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Pascal Tsaty-Mabiala, premier secrétaire de l’U.pa.d.s (Union panafricaine pour la démocratie sociale), a présenté, vendredi 16 janvier 2015, au siège de son parti, sis au quartier Diata, dans le premier arrondissement Makélékélé, à Brazzaville, les vœux de nouvel an à la presse nationale et internationale. C’était, pour lui, l’occasion de revenir sur le message de nouvel an du président de la République et de réaffirmer la position de son parti opposé au changement de l’ordre constitutionnel.

 

C’est un premier secrétaire de l’U.pa.d.s détendu qui s’est adressé à la presse, en présence de quelques cadres de son parti et des leaders de l’opposition, notamment Guy-Romain Kinfoussia, Clément Miérassa, Paul-Marie Mpouelé, Jean Ngouabi.
Pour Pascal Tsaty-Mabiala, ce geste exprime une reconnaissance du travail des journalistes au service de la démocratie. D’où sa compassion et la solidarité de son parti au peuple français frappé par le fondamentalisme et l’extrémisme. Il a fait observer une minute de silence en mémoire des victimes de cette série d’attaques contre la France, particulièrement, contre le journal satirique «Charlie hebdo».
Côté politique, il a fait l’éloge de l’unité réalisée par l’opposition qui, selon lui, vient de réussir un coup de maître, en se rassemblant autour d’un front républicain pour le maintien de l’ordre constitutionnel.
S’agissant de son parti, l’orateur a fait savoir que l’année 2014 était féconde, pour l’U.pa.d.s, qui a réussi à couvrir l’ensemble du territoire national de ses organes intermédiaires et de base.
Réagissant au message de vœux à la Nation du chef de l’Etat, Pascal Tsaty-Mabiala a évoqué le chômage qui touche les jeunes. «Nous sommes stupéfaits de constater, à l’instar d’autres concitoyens, qu’on invite les Congolais au travail, alors même qu’il y en a de ceux qui, jusqu’à plus de 40 ans, n’ont jamais connu le monde de la production. Le président de la République, bénéficiaire de deux mandats consécutifs depuis 2002, ne nous dit toujours pas combien d’emplois ont été créés par lui, en vue de résorber le chômage endémique et humiliant», a-t-il dit.
Pour lui, l’économie nationale n’est toujours pas diversifiée. «La forte dépendance de notre pays du pétrole l’expose aux convulsions du marché pétrolier que la volatilité des prix du baril place dans l’instabilité». a-t-il soutenu. Quant à la création de la société de transport annoncée par le chef de l’Etat, le premier secrétaire estime que ce ne sera ni plus ou moins qu’une autre opportunité d’enrichissement illicite de la nomenklatura.
Toutefois, il a fait constater que le président de la République a évité de prononcer les mots comme «constitution», «référendum», «changement» ou «révision», préférant plutôt des euphémismes. Pascal Tsaty-Mabiala a, une fois de plus, repréciser la position de l’U.pa.d.s, à savoir: «Non au changement de la constitution; Non à la participation à tout dialogue qui ne porterait pas exclusivement sur la préparation de l’élection présidentielle de 2016». Autrement dit, ajoute-t-il, «que les partisans d’un dialogue inclusif ne comptent pas sur la participation de l’U.pa.d.s qui limite strictement ce dialogue à un seul point: la gouvernance électorale, étant entendu que le maintien de l’ordre constitutionnel est non négociable». Face à ce débat, l’orateur pense que point n’est besoin d’agiter le spectre de la guerre. «Personne ne la souhaite; en tout cas pas l’U.pa.d.s. Nous savons que la guerre n’est pas le moyen de règlement des conflits. Il faut, cependant, craindre que ceux qui agitent le chiffon rouge ne soient les vrais pyromanes. Le Congo est un bien si précieux, qu’il n’est dans l’esprit de personne de le replonger dans une guerre absurde, aux conséquences incalculables. Que le peuple congolais se rassure de notre capacité à lui éviter des drames inutiles», a précisé Pascal Tsaty-Mabiala. Il s’est insurgé contre le tribalisme qui explique la non-prise en compte de tous les cadres du pays et génère, selon lui, des frustrations qui ne permettent pas de garantir la cohésion nationale.

Cyr Armel YABBAT-NGO