Côte d’Ivoire : L’ancien président Gbagbo devant la C.p.i

Note utilisateur:  / 0
MauvaisTrès bien 

Soupçonné de crime contre l’humanité, l’ancien président ivoirien, Laurent Gbagbo, 66 ans, évincé au pouvoir à la suite d’une opération militaire conduite par l’armée française avec l’autorisation des Nations unies, a été arrêté, mardi 29 novembre dernier, dans la résidence surveillée où il était placée à Korogho (Nord de la Côte d’Ivoire) et conduit, dans la nuit même, à La Haye. Depuis le lundi 5 décembre, il est devant ses juges.
Après les violences post-électorales en Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo avait fait l’objet d’un mandat d’arrêt émis par le procureur de la Cour pénale internationale, Luis Moreno Ocampo. Selon ce dernier, l’ex-président ivoirien a engagé sa responsabilité pénale individuelle en tant que «co-auteur indirect», pour quatre chefs de crime contre l’humanité: «meurtres, viols et autres violences sexuelles, actes de persécutions et autres actes inhumains». En tant que président, il assume les actes posés par ses subordonnés et va, donc, répondre devant la Cour pénale internationale.
Partant, l’on reproche à Laurent Gbagbo son entêtement à vouloir demeurer au pouvoir par la force. La communauté internationale avait multiplié les avertissements, lui demandant de faire cesser les violences dans lesquelles ses partisans s’illustraient. Non seulement, il ne voulait rien savoir, mais encore, il n’a jamais condamné ces violences. Aujourd’hui, le voilà devant la C.p.i.
Son parti, le F.p.i (Front populaire ivoirien), a condamné cette arrestation qu’il a qualifiée «d’illégale», tout comme le transfèrement de son président à La Haye. Le F.p.i a décidé de se retirer du processus des élections législatives du 11 décembre prochain, en réaction à l’arrestation et au jugement de son leader à la C.p.i.
En effet, il a fallu que le gouvernement du président Alassane Ouattara donne son accord pour que le mandat d’arrêt émis par la C.p.i contre Laurent Gbagbo puisse être exécuté en territoire ivoirien. L’on se souvient que dès son accession au pouvoir, le président Ouattara avait demandé à la C.p.i d’enquêter sur les crimes commis par l’ancien régime, considérant qu’un procès de l’ancien président en territoire ivoirien pouvait susciter de vives tensions dans le pays.
Laurent Gbagbo est ainsi le deuxième ex-président, après le Libérien Charles Taylor, à être transféré à la C.p.i, pour y être jugé. Mais, le procureur général de la C.p.i a promis que son enquête sur les crimes en Côte d’Ivoire se poursuit et que des responsables du camp du président Ouattara, soupçonnés de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, sont aussi visés.

J.N

Informations supplémentaires