République Démocratique du Congo : Joseph Kabila Kabange proclamé vainqueur de l'élection présidentielle par la Ceni

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Le pasteur Daniel Ngoy Mulunda, président de la Ceni (Commission électorale nationale indépendante), a publié, vendredi 9 décembre dernier, dans la soirée, les résultats dits provisoires de l'élection présidentielle en République Démocratique du Congo. Selon la Ceni, le président Joseph Kabila Kabange, 40 ans, a obtenu 48,95% des voix, et a ainsi été proclamé élu. L'élection n'étant qu'à un seul tour. Son grand adversaire, Etienne Tshisekedi Wamulumba, 78 ans, n'a eu que 32,33% et a été ainsi battu. Mais, les résultats de l'élection présidentielle sont contestés par l'opposition et le leader de l'U.d.p.s s'est autoproclamé président de la République. La RDC est plus que jamais dans l'incertitude du lendemain, avec une crise post-électorale qui s'est déjà traduite par six morts à Kinshasa, dans des manifestations réprimées par la police, qui parle de pillards.

Même si, pour l’instant, on n’assiste pas encore à des événements importants caractéristiques de la crise post-électorale, la situation en République Démocratique du Congo, de l'avis de beaucoup d’observateurs, est explosive. Il y a un président de la République proclamé élu par la Ceni, et un autre, contestant «en bloc», les résultats publiés, qui s'est autoproclamé. Comment la situation va-t-elle évoluer? C'est bien là, la question.
En attendant, les partisans du président réélu, Joseph Kabila Kabange, ont manifesté leur joie dans certains quartiers de Kinshasa, la capitale, et de Lubumbashi, la capitale du Katanga. Les médias proches du pouvoir ne cessent de diffuser des images de manifestation de joie des partisans du président réélu. Mais, conformément aux mœurs internationales, il n’y a pas encore de pluie de messages de félicitations sur le bureau du président congolais réélu. La communauté internationale reste, encore, prudente. Les O.n.gs qui ont envoyé des observateurs en RDC relèvent des cas de fraudes. Pour le centre Carter, le verdict est même cinglant: «les élections en RDC manquent de crédibilité». Et le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, archevêque de Kinshasa, d’enfoncer le clou, en disant, lundi dernier, que les résultats de la présidentielle ne sont «conformes ni à la vérité, ni à la justice».
Dans une conférence de presse donnée lundi 12 décembre, à Kinshasa, le président Joseph Kabila Kabange, sûr de sa victoire, a reconnu qu'il y a eu des erreurs dans le processus électoral, mais il pense que cela ne jette pas un doute sur la crédibilité de ces élections. «Ce qu'on doit, probablement, noter est que la crédibilité de ces élections ne peut pas être mise en doute», a-t-il dit.
Après avoir appelé ses partisans à demeurer calmes et vigilants, Etienne Tshisekedi a indiqué qu’il n’introduira pas de requête à la cour suprême, pour contester les résultats publiés. Il s'en remet, plutôt, à la communauté internationale pour trouver une solution à la crise en RDC. Son parti demande même une médiation africaine, avant que la situation ne dégénère. Ce qui sous-entend, et c’est peut-être là l’espoir, qu’une solution négociée est possible. Pour l’instant, le président Kabila, qui savoure sa victoire, n’a pas besoin de médiation.

Joël NSONI