CONSEIL DEPARTEMENTAL ET MUNICIPAL DE BRAZZAVILLE : Le collectif des sénateurs s’inquiète des Congolais qui doutent encore de l’existence du COVID-19

Note utilisateur:  / 0
MauvaisTrès bien 

Le collectif des sénateurs de Brazzaville conduit par Pierre Ngolo, était face de ses mandants que sont les conseillers locaux le jeudi 11 juin dernier, dans le cadre d’une descente parlementaire. Pour faire le compte rendu des travaux des différentes sessions ordinaires et extraordinaires. La cérémonie s’est déroulée à la mairie centrale. Les débats ont aussi tourné autour du COVID-19 et sur la vie du Parlement et de la nation.

 

La salle était bourrée de monde. Aucune distanciation sociale n’était observée, ni même la mesure contre les rassemblements de plus de 50 personnes. Et pourtant, la maladie continue à faire du chemin. Le nombre des cas positifs s’élève désormais à 779 pour 260 guéris et 25 décès, selon le dernier bilan établi le vendredi 12 juin.
«Cela ne veut pas dire qu’on n’éprouve pas de la peur», a justifié Pierre Ngolo. «Nous devons tous éprouver de la peur parce qu’on n’est pas encore sorti de la crise. L’annonce du premier cas de COVID-T19 a ébranlé tout le monde. Et cela a impacté négativement l’évolution des travaux du Parlement», a-t-il expliqué.
Pour lui, cette situation particulière est telle que tout le monde doit intérioriser l’existence de la pandémie et adopter un comportement responsable. «Les Congolais ne doivent pas prendre à la légèreté la pandémie. Il n’y a pas à douter de l’existence du COVID-19. Ce serait suicidaire. Il y a ici des conseillers qui doutent et pensent que le coronavirus est une fiction. Ils veulent qu’on leur cite les Congolais qui sont atteints ou morts du COVID-19. Il y a aujourd’hui 779 cas annoncés officiellement. Ce qui est sûr, c’est que si on se mettait à faire un dépistage systématique, le chiffre ne serait pas celui-là», a-t-il déclaré.
Pierre Ngolo a néanmoins insisté sur la prévention pour briser la chaîne de contamination. «Prenons conscience de ce que le mal est là, il est grave. Tous, nous devons prendre nos responsabilités pour faire le travail de sensibilisation et d’éducation des citoyens. Il n’y a pas meilleur remède plus efficace que la prévention. Il vaut mieux prévenir que guérir. Et, ce travail est le nôtre, votre travail. Vous conseillers de Brazzaville, vous devez savoir que c’est vous que les Brazzavillois ont choisi pour la gestion de leur cité. Ayez conscience de cela et adoptez le comportement qui convient».
Il a aussi rappelé que le Conseil doit fonctionner comme un Parlement local. «Il n’y a pas de questions tabous. Votre cadre de débat, c’est ici. Il n’y a pas à subir une manipulation d’où qu’elle vienne. Or, le constat c’est qu’on a tendance à subir. Personne ne risque quoi que ce soit. Le débat doit-être engagé ici sur toutes les questions. Ce n’est pas à travers les réseaux sociaux ou les médias. Vous êtes les dirigeants de tous les citoyens de Brazzaville. Soyez dignes de cette confiance qui vous a été faite. Ce serait dommage si Brazzaville qui donne le ton, imprime le rythme et la cadence, devait figurer au nombre des Conseils les moins bien tenus. Dommage pour vous et pour nous, parce que nous sommes vos élus. Nous vous rendons compte. Nous avons aussi la responsabilité de vous encadrer. Nous comptons sur la détermination des uns et les autres à faire que désormais on change de physionomie et de mode de fonctionnement. A travers les réseaux sociaux, nous travaillons à nous affaiblir, à nous discréditer», a estimé Pierre Ngolo.
Dans l’échange interactif qui a suivi, les conseillers ont exprimé leurs préoccupations. L’un d’eux a marqué son indignation sur la gestion des multiples dons reçus: «Dans certaines zones de Brazzaville, cette aide tarde à venir dans les ménages. Les personnes vulnérables après avoir été identifiées et enrôlées par les chefs de blocs continuent d’attendre avec impatience et les enquêteurs ne sont plus visibles sur le terrain».
Les autres préoccupations ont porté sur la mensualisation des frais des conseillers ou l’augmentation des frais de session, le Covid orgnanics et l’accord avec le FMI. Le cas Chloé n’a pas laissé indifférents les conseillers.
Pierre Ngolo est resté conciliant. «Le personnel soignant se sent lui-même en insécurité du fait de l’inexistence du matériel qui doit leur permettre de travailler en toute sécurité. Le cas Chloé doit nous interpeller parce que le personnel soignant a besoin d’être sécurisé. Qui doit le sécuriser, c’est l’Etat. Si les conditions ne sont pas réunies, on ne peut pas attendre de ces citoyens d’aller au suicide quand ils savent qu’ils n’ont pas la protection nécessaire pour tenter de sauver la vie de celui qui est en situation difficile», a-t-il affirmé.
Quant au Covid organics qui n’est toujours pas administré aux patients, il a fait savoir que ce produit est encore soumis aux tests. «La quanlité reçue n’était pas aussi suffisante pour couvrir l’ensemble du pays», a indiqué le président du collectif des sénateurs de Brazzaville.
Sur l’accord avec le FMI, Pierre Ngolo a dit qu’il n’est pas remis en cause. «Le partenariat n’est pas rompu. Aujourd’hui, tout se gère au rythme de la pandémie qui n’épargne aucun pays».
Le président du collectif a aussi remis les conseillers à l’ordre sur leurs revendications portant sur la mensualisation de leurs émoluments ou l’augmentation de leurs frais de session. Pour lui, ce n’est pas le moment de poser le problème. «Soyons réalistes et responsables. Chaque chose en son temps. Faisons d’abord aboutir les acquis antérieurs et progressivement on verra s’il y a possibilité de le faire», a-t-il signifié.
Critiqués par la population sur la gestion du transport urbain dans la capitale, les conseillers ont jeté l’opprobre sur le ministère en charge du portefeuille public qui gère les bus «mal à l’aise», en lieu et place de la mairie. «Si vous considérez que cela relève de vos attributions, engagez la procédure», a-t-il conseillé.

Cyr Armel
YABBAT-NGO

 

Informations supplémentaires