Alexis Elira Dokekias, directeur général de la santé Trois mille césariennes gratuites réalisées

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Suite à la décision du chef de l'Etat de rendre la césarienne gratuite, le prof. Alexis Elira Dokekias, directeur général de la santé, a fait un point de presse, le vendredi 4 novembre 2011, dans son cabinet de travail, sis au Ministère de la santé et de la population, pour faire le point intermédiaire de la mise en œuvre de la phase expérimentale de la gratuité de la césarienne, lancée le 7 mai 2011, du traitement anti-paludique, le traitement anti-retroviral et de la gratuité des examens biologiques du V.i.h. Selon lui, trois mille césariennes gratuites ont été réalisées.
La phase expérimentale de la gratuité de la césarienne, qui s'étend jusqu'au 31 décembre prochain, s'applique à 34 formations sanitaires sur les 35 disposant de conditions minimales pour réaliser la césarienne. A la date du 23 octobre 2011, a précisé Alexis Elira Dokekias, 3.000 césariennes gratuites ont été réalisées pour 26.000 accouchements, 249 G.e.u (Grossesses extra-utérines) et 26 hystérectomies d'hémostase. Ces opérations sont réparties comme suit: Brazzaville (1.108), Pointe-Noire (1.045), Niari (177) et les autres départements (520).
Toutefois, le directeur général de la santé a indiqué que des points faibles persistent encore dans l’application de cette gratuité, notamment les retards sur la prise en charge, l’organisation des services de garde et d’astreintes dans certains hôpitaux, le circuit encore peu fluide sur la disponibilité des kits au moment sollicité, les problèmes d’équipements à renforcer et les conditions d'accueil.
Le traitement antipaludique, quant à lui, s’applique chez tous les enfants âgés entre 0 et 15 ans et les femmes enceintes, contrairement à d'autres pays africains, où il se limite aux enfants de 0 à 5 ans. Le traitement antipaludique simple (le paludisme simple est un palu dont la goutte épaisse est positive) est disponible  depuis l’année 2010 dans les centres de santé intégrés, y compris les centres de santé confessionnels.
Néanmoins, Alexis Elira Dokekias a reconnu que suite à la lenteur dans le processus d’approvisionnement, le programme a connu, dans quelques centres de santé, l'absence de quelques molécules. «Cette difficulté a été résolue et les médicaments ont été fournis à tous les départements», a-t-il déclaré.
De même, le stock de médicaments pour le traitement antipaludique grave (dont la goutte épaisse est positive pour le plasmodium falciparum) est encore suffisant. Il y manque seulement les solutés de glucosé, le diazépam et des anti-vomitifs.
S'agissant du traitement anti-rétroviral, le directeur général de la santé a fait savoir qu’après des périodes de turbulences marquées par des ruptures de stocks et la péremption des molécules, «on peut indiquer une maîtrise progressive, depuis le mois d'avril 2011, coïncidant avec des mesures prises par le conseil d'administration de la Comeg, pour la remettre sur les rails. Actuellement, environ 17.125 patients bénéficient de la gratuité du traitement. Les différentes molécules, combinaison des molécules utilisées, sont disponibles. Leur péremption varie entre juillet 2011 et avril 2014 (stock actuel 28. 000 traitements). Des commandes sont en cours pour livrer environ 60.000 traitements, avant la fin de l'année», a-t-il expliqué.
Parmi les faiblesses liées à l’application de cette gratuité, Alexis Elira Dokekias a fait état de la non maîtrise des files actives; les difficultés de distribution entre la centrale d’achat et les pharmacies hospitalières; la motivation insuffisante des dispensaires; les variations imprévisibles qui subsistent encore dans le circuit extérieur d’approvisionnement et l'instauration de plus en plus fréquentes des combinaisons de deuxième ligne, voire troisième ligne de traitement, très onéreux et dont le processus d’acquisition, pour les pays à ressources limitées, reste difficile.
Concernant la gratuite des examens biologiques du V.i.h, l'orateur a dit que des efforts importants ont été réalisés, afin de les rendre disponibles sur une grande partie du territoire national. «De 2008 à juin 2011, 105 centres assurent la prise en charge des I.s.t (Infections sexuellement transmissibles), 113.170 personnes ont bénéficié d'un traitement gratuit contre les I.s.t et 142 centres fixes offrent le conseil et le dépistage volontaire et un véhicule mobile».
Selon lui, le programme de gratuité assure, depuis deux ans, dans le cadre du mémorandum d'entente avec la Croix-Rouge française, un appui aux C.t.a (Centre de traitement ambulatoire) à hauteur de 43 millions de francs Cfa par mois et assure la compensation en faveur du L.n.s.p, de l'hôpital général Adolphe Sicé sur les prestations de service de 17 millions à 24 millions de francs Cfa.
Les points faibles de cette gratuité, a souligné le directeur général de la santé,  concerne: l’irrégularité du processus d’approvisionnement; le peu d’organisation des commandes des formations sanitaires et le fait que certaines formations sanitaires qui, pourtant, ont bénéficié des équipements, n’ont pas encore compris la nécessité d'intégrer le processus de gratuité des analyses. A côté de ces formations sanitaires, il y a aussi le laboratoire national qui continue d’exiger aux patients la somme de 1.000 francs Cfa pour se faire  dépister. Justifiant cette pratique, Alexis Elira Dokekias a, simplement, assumé et promis de faire des compensations. «A mon avis, tout patient qui doit se présenter aux formations sanitaires publiques, le dépistage est gratuit».

Cyr Armel YABBAT-NGO