Ministère de la promotion de la femme et de l’intégration de la femme au développement : Le rapport sur l’analyse des stéréotypes sexospécifiques dans les manuels scolaires du Congo présenté au public

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Le rapport sur l’analyse des stéréotypes sexospécifiques dans les manuels scolaires du Congo (manuels de français et de mathématiques, du primaire et du collège), a été publié, officiellement, mercredi 28 septembre 2011, à l’Unic, à Brazzaville. Sous les auspices de Madeleine Yila Boumpoto, ministre de la promotion de la femme et de l’intégration de la femme au développement, en présence de David Lawson, représentant de l’U.n.f.p.a (Fonds des Nations unies pour la population), d’Abdourahamane Diallo, représentant de l’Unesco au Congo, de Jeremias, représentant adjoint du P.n.u.d au Congo, des délégués des autres agences des Nations Unies, de Marie Charlotte Fayanga, ambassadrice de la Centrafrique et doyenne du corps diplomatique au Congo, des parlementaires, diplomates, cadres et agents des différents milieux concernés par cette question.

L’étude du rapport sur l’analyse des stéréotypes   sexospécifiques dans les manuels scolaires du Congo a été commanditée, en 2009, par le Ministère de la promotion de la femme et de l’intégration de la femme au développement, parce qu’il avait constaté qu’il y avait beaucoup de discriminations dans le contenu des manuels scolaires. Et la validation de cette étude a eu lieu en 2010. Des amendements avaient été faits et c’est en 2011 que le rapport a été publié. Pour réaliser ce travail, le Ministère de l’intégration de la femme  a sollicité un sachant de l’I.n.r.a.p (Institut national de recherches et d’action pédagogique) et son équipe. L’U.n.f.p.a et l’Unesco ont appuyé l’action du gouvernement.
Composé de 56 pages, le rapport comporte un avant-propos, une introduction, une présentation des résultats, une conclusion, des recommandations, une bibliographie et des annexes. Il ressort que la discrimination fondée sur le sexe commence, dans toutes les sociétés, dès les premières années de la vie des individus, en défaveur surtout des filles. Il est nécessaire de les combattre, si l’on veut que la femme réalise, pleinement, ses potentialités et participe au processus de développement sur un pied d’égalité avec l’homme. Il est, donc, important de valoriser la petite fille dans les mentalités et, parallèlement, rehausser l’image et l’estime qu’elle a d’elle-même et de renforcer sa position.
Une série de recommandations ont également été formulées à l’endroit des agences du système des Nations unies et autres partenaires au développement, auxquels il est demandé, entre autres, l’intégration de l’approche genre dans les programmes scolaires et les supports didactiques; la formation des acteurs et actrices de la chaîne du livre à l’approche genre et la démultiplication de cette formation à tous les cadres des Ministères des enseignements;
-Aux Ministères des enseignements, la prise en compte de la dimension genre dans la révision ou l’élaboration des textes d’orientation de l’éducation; la formation des personnels d’encadrement et les enseignants à l’approche genre, à l’analyse des programmes et manuels pour identifier les déséquilibres, les corriger ou les exploiter;
-Aux acteurs de la chaîne du livre (Rédacteurs des programmes et de manuels, iconographes, infographes, metteurs en page), l’intégration de la dimension «genre» dans les programmes scolaires; faire la promotion de la parité des personnages et de la distribution égalitaire des rôles dans l’iconographie et les textes, l’emplacement dans la situation d’apprentissage, la taille dans les images, etc;
- Aux personnels d’encadrement, la sensibilisation du personnel enseignant à la question de l’égalité des genres;
- Aux enseignants, l’initiation des apprenants à la lecture critique des ouvrages scolaires, lorsque ceux-ci présentent des éléments sexistes.
Pour la ministre Madeleine Yila Boumpoto, l’école est le lieu privilégié de l’apprentissage des rôles sexués, c’est là aussi que les inégalités sociales sont mises en place et anticipées. Les discriminations sont véhiculées à travers les programmes et les manuels scolaires. C’est pourquoi, l’étude sur l’analyse des stéréotypes sexospécifiques dans les manuels scolaires congolais a reconnu la nécessité d’un renforcement des capacités des personnes ressources de la chaîne du livre et celles chargées d’élaborer les programmes et manuels scolaires: «Cette analyse propose des pistes de solutions visant à contribuer à la réduction des inégalités constatées à ce niveau d’enseignement. Nous espérons qu’elle permettra aux décideurs de l’éducation de corriger les disparités de genre».
David Lawson a affirmé, quant à lui, que ce document doit permettre aux initiés et aux moins avertis, de comprendre les pièges culturels véhiculés, inconsciemment, par l’école et d’y remédier. L’intérêt accordé par l’U.n.f.p.a à ce travail s’inscrit dans la droite ligne des orientations et stratégies politiques internationales qui mettent l’être humain et l’équité de genre au centre du développement.

Alain Patrick MASSAMBA