Ipes (International police executive symposium) : Le colonel Jean-Etienne Elion nommé vice-président

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Jusqu’ici en charge de l’Afrique francophone, au titre de la prestigieuse institution policière internationale, l’Ipes (International police executive symposium), le colonel Jean-Etienne Elion a été appelé, au tout début de l’année, à additionner sa fonction continentale habituelle avec celle de la vice-présidence de cet organisme international. Pour rappel, l’Ipes fédère d’éminents chercheurs, universitaires et praticiens de police du monde entier. Dans l’interview qu’il nous a accordée, le colonel Jean-Etienne Elion donne sa vision du travail fait à travers l’Ipes.

* Colonel, quelle lecture faites-vous de votre consécration au poste de vice-président de l’Ipes, qui est arrivée le jour de l’an, qui est aussi votre jour anniversaire?
** Vous en avez autant conscience que moi et je vous en remercie. Enfin, ne nous y méprenons pas. Vous savez, la flexibilité, en même temps que la complexité du destin, procure, à chacun de nous, fonctionnaires, j’entends, sans naturellement ostraciser, le moins du monde, les travailleurs des autres secteurs de la vie, procurent, disais-je donc, à chacun, son A.d.n professionnel.
Dès lors, il ne saurait être que de bon ton d’apporter à sa quotidienneté, sa couche à soi de dédramatisation. Et tant que, comme moi, on peut se sentir dans le tout à fait tenable, entrain de conjurer et d’affranchir, jour après jour, les affres de la vie. Mais aussi, de se délecter comme aujourd’hui, de cette heureuse contingence, au travers de cette élévation. Oui, à la vérité et en toute humilité, cette consécration, par mes pairs du board de l’Ipes, me comble sans bornes. Sans en faire un buzz, c’est un immense bonheur, à dire vrai et à parler franc.

* A travers votre promotion, c’est la police congolaise et celle aussi de l’espace francophone du continent, qui sont honorées.  Que pouvez-vous attendre des institutions partenaires et même du gouvernement?
** A l’exemple du Congo, toujours en lien avec le gouvernement de la République, avec peut-être un peu plus de prépondérance et d’épaisseur, nous nous tiendrons toujours à disposition, pour recevoir les contributions multiformes et significatives d’appui du Congo, mon pays. Les affaires étrangères congolaises et la représentation diplomatique américaine au Congo ayant déjà été informées à ce propos, par l’Ipes.
Quant aux autres pays de l’espace francophone, les institutions partenaires l’Ipes, sous l’autorité du professeur Dilip K. Das, s’emploiera à consolider, avec elles, le traditionnel joint-venture, à l’image de sa relation avec les 80 pays en couverture par lui à travers la planète.    

* Finalement, quel regard posez-vous sur le métier de police?
** Notre métier, toute proportion gardée, toutes frontières «intellectuellement» violées, sans évidemment faire le panégyrique de celui-ci, j’ai envie de dire, le métier de police assume une fonction sociétale des plus merveilleuses. Pourquoi? Parce qu’en effet, au cœur de ce métier, il est tout particulièrement fait exigence, à chacun de nous, opérateurs de la fonction policière, ce qui, du reste, est un sacerdoce, de se sentir véritablement en perpétuelle empathie et en réelle osmose avec la cité, dans tout son ensemble. Laquelle cité, à mon avis, est une espèce de réceptacle en permanent bouillonnement, toujours en quête de modifications correctives, pour donner à croire à l’incorruptible opinion de tous, que l’on y va bien dans la bonne direction.
Tenez! Face à une patente augmentation du risque et de la menace, à un «affinement» du crime et même du délit mineur, contre une inclination inflationniste  des infractions qui, manifestement, érode et délite les légitimes droits de paix, de tranquillité et de justice, la culture du résultat et du chiffre paraît, de très loin, ne plus être la résolue panacée. Des logiciels alternatifs systématiques s’imposent, donc, devant le fait criminel et/ou infractionnel nouveau.
Le fonctionnaire de police, authentiquement boulimique de justice et de droit, expurgé de certaines constructions mentales, est ici invité à mettre prestement le curseur sur ces faits contemporains, surtout sur ses «roots» comme le diraient professionnellement les anglo-saxons, car c’est de ce substrat que naît la bombe du crime dont l’onde de choc, inarrêtable, peut gagner des superficies inimaginables. Bref! Tout çà est ce qu’il est convenu d’appeler le policièrement correct, voyez-vous?

* Votre dernier mot, colonel, au regard de la taille du labeur?
** La formule n’est certes pas de moi, elle est bien de Jacques Attali. Pourtant, je me l’approprie tout de même: «L’exercice est chaque fois plus nécessaire: il faut des phares de plus en plus puissants, pour s’aventurer sur une route de plus en plus verglacée, glissante, entourée de ravins de plus en plus profonds…».
Ceci dit, pour notre part, nous nous efforcerons de nous draper de l’étoffe anatomique d’un équidé, avec bon espoir de remettre d’aplomb ce poste dont l’animateur, le très illustre Docteur Tariq Hassan Al Hassan du Bahreïn ne dispose plus, depuis quelques mois, de la plénitude de son entrain à l’exercice de la charge. Nous lui tirons, ici, notre bienveillante révérence.
Quant à comment faire devant cette ribambelle de besognes, on peut simplement s’escrimer à dire à l’avance que le labeur en soi ne sera nullement quelque chose de rédhibitoire, n’est-ce pas? Enfin, merci de m’avoir permis cette métaphore hippique, merci à vous Monsieur le journaliste.

Propos recueillis par
J. NSONI