Lutte contre les anti-valeurs : Le Mouvement pour la culture citoyenne a décidé de prendre le taureau par les cornes

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Organisation non gouvernementale créée le 26 août 2006 et dirigée par Anthyme Bayimina en tant que coordonateur national, le M.c.c (Mouvement pour la culture citoyenne) a édité un manuel de 216 pages intitulé: «Comprendre et combattre les anti-valeurs au Congo-Brazzaville». Ce manuel a fait l’objet d’une conférence de présentation, samedi 22 septembre 2012, à l’auditorium du Ministère des affaires étrangères et de la coopération, sous le patronage du ministre d’Etat Aimé Emmanuel Yoka, garde des sceaux, ministre de la justice et des droits humains, coordonateur du pôle de la souveraineté, en présence du coordonateur national du M.c.c, de Benoît Moundelé-Ngollo, préfet de Brazzaville, d’Ekondy-Akala, parrain du manuel, et de plusieurs invités.

Anthyme Bayimina a, tout d’abord, présenté l’O.n.g  M.c.c, créée en 2006 et qui s’est donnée comme missions, entre autres, de contribuer à la réforme des mentalités des citoyens, par la lutte contre les anti-valeurs. Le M.c.c s’est même donné la possibilité d’ester en justice contre les auteurs qui perpétuent les anti-valeurs: aussi bien dans la gouvernance publique que dans la société.
Il a indiqué que l’initiative d’éditer un manuel, réalisé grâce à un soutien de la coopération française et d’autres partenaires au développement, est née du discours d’investiture du président Denis Sassou Nguesso, en août 2009, pour son second mandat, discours dans lequel il avait dénoncé les anti-valeurs et appelé les gouvernants à viser l’excellence.
La présentation du manuel, écrit par un collectif d’auteurs (juristes, économistes, sociologues, etc), a été faite par le professeur Hervé Diata (alias Miroir, selon le modérateur Léopold Pindy-Mamonsono). Celui-ci a parlé de la méthodologie de travail qui a conduit à la réalisation du manuel. Il s’agit, notamment, de la catégorisation des différentes anti-valeurs et des sanctions auxquelles elles renvoient, des enquêtes réalisées, des ateliers de critique pour l’analyse des données collectées, pour aboutir à la mouture finale. Les institutions nationales œuvrant dans les domaines de la justice, des droits de l’homme, de l’instruction civique, la commission nationale anti-corruption, etc, les départements ministériels comme celui de la jeunesse ont été consultés.
L’une des raisons d’élaboration de ce manuel est le contexte de notre pays caractérisé par un paradoxe entre les richesses nationales et la pauvreté de la majeure partie de la population. Selon lui, le M.c.c a retenu que les anti-valeurs, ce sont tous ces actes qui entravent le développement du pays. Les violences, les déviances sexuelles, les ruptures intempestives d’eau et d’électricité, etc. Mais, Hervé Diata a précisé: «La cause causante des anti-valeurs reste, quand même, la mauvaise gouvernance», tout en reconnaissant que la lutte contre les anti-valeurs met en branle une certaine conflictualité, c’est-à-dire elle peut se heurter à une résistance au sein même de la société.
L’assistance, venue nombreuse, a eu droit à la philosophie des anti-valeurs, pour ce qui est du discours d’ouverture prononcé par le ministre d’Etat Aimé Emmanuel Yoka: l’impact que pourrait produire un combat engagé contre les anti-valeurs chez l’humain, quand on sait que celui-ci a tendance à faire le mal, alors qu’il est appelé à faire le bien; comment faire pour faire le bien? Le ministre d’Etat a encouragé le M.c.c dans sa lutte contre les anti-valeurs et rappelé les orientations du chef de l’Etat pour la bonne gouvernance et l’unité nationale.
La deuxième phase de la conférence devait être constituée des différentes communications faites par d’éminents experts. Faute de temps, seul Lécas Atondi-Monmondjo, chargé de cours au département de langue et civilisations africaines de l’Université Marien Ngouabi, l’a fait. Celui-ci a qualifié le travail du M.c.c, par ces mots: «Maturation, audace, défi, le travail du M.c.c pourrait révolutionner le Congo». «On sonne le tocsin, car la patrie est en danger». Puis, il a jeté un regard critique sur le manuel, en indiquant que la typologie dressée des anti-valeurs n’est pas exhaustive et que le manuel ne traite pas assez de l’impunité comme anti-valeur, alors que celle-ci est l’un des facteurs aggravant du phénomène des anti-valeurs dans la société congolaise.
Quoiqu’il en soit, en lançant son manuel à caractère pédagogique, vendu à dix mille francs Cfa l’exemplaire, le M.c.c a démarré ses activités planifiées dans le cadre du «projet d’appui aux réformes des mentalités, en vue de la promotion de la bonne gouvernance et de l’Etat de droit en République du Congo», appuyé par les partenaires au développement, comme le P.n.u.d, la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, l’Union européenne et la coopération française. Reste à savoir si le M.c.c réussira à terrasser le monstre des anti-valeurs dans la gouvernance publique et dans la société congolaise, surtout que l’O.n.g entend accompagner le gouvernement et les partenaires au développement, dans leurs actions pour la promotion des valeurs propices au développement économique, social, culturel et humain.

Esperancia MBOSSA-OKANDZE et J. MBANZA

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