Après les élections législatives : Les vérités de Pascal Tsaty-Mabiala sur la débâcle électorale de l’U.pa.d.s

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Que se passe-t-il à l’U.pa.d.s (Union panafricaine pour la démocratie sociale)? C’est la question que Pascal Tsaty-Mabiala, secrétaire général de ce parti fondé par l’ancien président, Pascal Lissouba, a abordé dans l’entretien exclusif ci-après, suscité par la publication du rapport de sa formation politique sur l’organisation, la participation et le déroulement des élections législatives de 2012. Tout en se désolidarisant des collègues membres du collège des vice-présidents qui appellent la population au soulèvement pour rejeter les résultats de ces élections, Pascal Tsaty-Mabiala craint une seconde crise au sein de son parti, crise qui pourrait, à nouveau, segmenter l’U.pa.d.s dont la réunification est encore fragile. Il l’a dit a cœur ouvert. 

Pour le secrétaire général de l’U.pa.d.s, il y a une crise en perspective au sein du parti. Cette crise serait consécutive à la gestion des résultats des dernières élections législatives. «Nous avons eu des résultats catastrophiques. En tout cas, bien en deçà de ce que nous espérions. Mais, à la vérité, ces résultats ne reflètent pas aussi tout à fait le pays réel. Ce n’est pas ce que représente l’U.pa.d.s, dans la réalité», a-t-il dit.
Selon lui, ces résultats n’ont pas échappé à la logique et à la persévérance du pouvoir de «solder les derniers acquis de la conférence nationale souveraine, en particulier, le pluralisme politique et restaurer le parti unique. Plutôt que d’être un grand moment de notre jeune démocratie et une date mémorable de notre histoire politique telle qu’elle s’écrira positivement demain, ces élections divisent profondément et dangereusement le pays. Les résultats de cette honteuse consultation électorale et la situation politique nouvelle qui en résulte, suscitent bien d’interrogations dans le pays, notamment sur les intentions réelles du pouvoir quant à la gestion de ces résultats qui lui donnent une chambre introuvable», peut-on lire dans leur rapport.
Dans ce rapport de 13 pages, l’U.pa.d.s pense que le processus électoral des 15 juillet et 5 août derniers a permis de mettre en évidence les faiblesses du parti  et «l’organisation de la fraude électorale par le pouvoir». Parmi les causes épinglées de la débâcle, il y a la crise au sein du conseil des vice-présidents, la faiblesse de fonctionnement du parti à la base, le choix tardif des candidats, le faible financement de la campagne, l’indiscipline au sein du parti, le choix des représentants de l’opposition dans les Conel (Commission nationale d’organisation des élections), la fraude, la corruption, la non-maîtrise du corps électoral.
Après la publication des résultats législatifs, Pascal Tsaty-Mabiala a fait savoir que deux tendances ont vu le jour dans le parti: «Une première à laquelle j’appartiens, qui estime qu’on doit, avant toute chose, faire le point de notre déconfiture aux élections; de trouver, dans notre sein, les causes, avant d’aller les chercher au pouvoir. Asseyons-nous, regardons, quittons un peu l’émotion de la défaite et analysons, froidement, les causes internes. C’est à l’issue de cette analyse sereine que nous verrons qu’est-ce qu’il faut faire».
Ainsi, le secrétaire général de l’U.pa.d.s estime que tous les maux décriés dans ce rapport tournent autour de quatre points essentiels: la maîtrise du corps électoral et la refonte du fichier électoral; la prise en charge, par la Conel, de toutes les opérations électorales;  l’instauration de la carte biométrique et du bulletin unique.
Dans cette perspective de revoir les conditions de préparation des élections, Pascal Tsaty-Mabiala indique que si ce combat est gagné, cela pourrait leur faire oublier la débâcle des législatives. «Mais, il faut savoir poser les problèmes dans notre pays où tout est sujet à politique», considère-t-il.
La deuxième tendance, selon lui, est celle qu’il a qualifiée de «putschiste». «Elle consiste à dire qu’elle en a marre de Sassou. Il faut aller en guerre contre lui. Il faut demander une conférence nationale souveraine habillée sous le vocable des Etats généraux de la nation, pour faire partir Sassou».
Pascal Tsaty-Mabiala comprend ceux qui sont tentés par cette deuxième tendance. Mais, il s’interroge: «C’est noble, mais, on se dit: quels sont les moyens dont nous disposons? Ils veulent envoyer les gens à l’abattoir. N’est-ce pas une aventure? Si ça va arriver, nous, nous avons de l’argent, des passeports; nous prendrons nos cliques et claques et nous abandonnerons les militants, comme en 1997. Nous les pousserons à l’abattoir».
C’est pourquoi, il rejette cette tendance: «Je ne suis pas d’accord. Il faut dialoguer avec le P.c.t et poser les problèmes».
Malheureusement, «c’est dans cette aventure que les Moukouéké, Tamba-Tamba, Itadi, en relation avec les Miérassa et Dzon, sont en train de vouloir entraîner l’U.pa.d.s et l’ensemble de l’opposition. Ils ont dû forcer la signature de Gamassa. Aujourd’hui, ce dernier a dit qu’il ne peut plus continuer. J’ai compris que c’était une voie sans issue. Ce n’est pas comme ça qu’il faut demander les choses», estime le secrétaire général de l’U.pa.d.s.
A propos de la signature de l’U.pa.d.s à la déclaration de l’opposition congolaise du 17 août 2012, il considère qu’«il y a une tricherie dans cette histoire». «La preuve? Les députés de l’U.pa.d.s siègent. C’est une déclaration qui est signée par une partie du parti. Sur les questions stratégiques, on doit s’en référer au conseil national, organe délibérant du parti. J’aurais été là, Gamassa n’aurait pas signé cette déclaration. C’est une décision lourde de conséquences, parce qu’elle peut remettre en cause un certain nombre d’acquis, aujourd’hui. Il ne faut pas considérer cette position traduite dans cette déclaration comme une position de l’U.pa.d.s. C’est une  position de quelques vice-présidents qui voudraient en imposer à l’ensemble du parti», a-t-il déclaré.
Conscient de la réalité, Pascal Tsaty-Mabiala a laissé entendre que son parti court encore le risque de se fracturer, «puisqu’il y a une tendance qui est dans la logique de Moukouéké et Tamba-Tamba et qui ressemble à une tendance de mauvais perdants. Ceux qui assument leur défaite, ont une autre démarche, c’est-à-dire nous, et, qui pensent qu’il y a une logique qui peut nous conduire à l’amélioration du processus électoral actuel, pour mieux aborder les élections locales prochaines dans une meilleure forme et faire oublier cette cuisante défaite dont le responsable n’est pas le P.c.t, mais nous-mêmes. C’est pour ça, d’ailleurs, que ceux qui pourraient avoir une responsabilité réelle ou supposée évitent le débat», a-t-il renchéri.
Pour lui, même si le pouvoir organisait les élections de manière transparente, comme celles de 1992, Mathias Dzon n’aura qu’un député tout au plus, à Gamboma et nulle part ailleurs. «Miérassa n’en aura jamais. Il n’arrivera jamais à avoir un député à Lékana. L’U.d.r-Mwinda, pas du tout. Le Pool, c’est le M.c.d.di et le P.c.t», a-t-il dit.

Cyr Armel YABBAT-NGO

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