C.s.l.c (Conseil supérieur de la liberté de communication) : Philippe Mvouo disposé à travailler avec la société civile, pour défendre la liberté de la presse

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En réponse à la lettre que le président de la Fecodho (Fédération congolaise des droits de l’homme), Céphas Germain Ewangui, lui avait adressée (voir notre édition n°3228 du mardi 25 septembre 2012), Philippe Mvouo, président du  C.s.l.c (Conseil supérieur de la liberté de communication), a exprimé sa disponibilité à travailler avec les organisations de la société civile, «pour défendre la liberté de la presse, en vue de contribuer significativement à la construction et à la consolidation d’une société démocratique, respectueuse des droits de l’homme et des libertés fondamentales». Voici l’intégralité de la lettre du président du C.s.l.c, datée du lundi 1er octobre 2012.

Monsieur le Président de la Fédération Congolaise des Droits de l’Homme, j’ai l’honneur d’accuser réception de votre lettre sus-référencée dont la qualité du signataire n’a pas été déclinée et m’empresse, en réponse, de vous rassurer que le Conseil supérieur de la liberté de communication est en harmonie avec les préoccupations légitimes de la Fédération congolaise des droits de l’homme, sur les atteintes à la liberté de la presse, droit humain fondamental, et sur la consolidation de la démocratie au Congo.
Cependant, je m’étonne de la nature de vos regrets sur la décision de suspension, par le Conseil, des hebdomadaires «La voix du Peuple» et «Le Glaive». Ce qui semble mettre en relief le manque d’éléments crédibles d’appréciation, par la Fecodho, des faits réels reprochés à ces deux journaux.
Dans toute démocratie moderne et pour mémoire, les droits de l’homme ont pour socle, entres autres, le principe de la légalité, avec son corollaire, la sanction légale, car nul n’est au-dessus de la loi. Et, tout journaliste qui contrevient aux lois et règlements, en violant manifestement les sacro-saints principes de la déontologie professionnelle et la dignité humaine des autres citoyens, s’expose, inéluctablement, aux châtiments prévus par les textes en vigueur, au risque de voir le Conseil ériger les travers tels que la délation, la diffamation, l’incivisme, la médiocrité, la discrimination, l’appel à la haine, l’impunité et autres, dans l’exercice de la liberté de la presse, comme principes de régulation de l’information et de la communication. Or, aucun instrument juridique international pertinent en matière de droit humain ne prévoit ni ne tolère ces fléaux dans la gestion de la cité.
En sus, dans cette affaire, notre institution a, avant tout, abondamment joué son rôle de conseil, avant de recourir aux sanctions que vous déplorez, d’autant plus que la concertation et le dialogue en son sein sont des règles d’or.
En outre, les organisations de la société civile étant une composante du Conseil, il serait utile, à l’avenir, pour la crédibilité de la Fecodho, de circonscrire méthodiquement le sujet avec le précieux éclairage de vos représentants au sein de cette institution, avant toute publication de vos actions y relatives dans la presse.
Enfin, je marque mon accord avec vous, en vue de travailler en synergie et efficacement avec la société civile, «pour défendre la liberté de la presse, en vue de contribuer significativement à la construction et à la consolidation d’une société démocratique, respectueuse des droits de l’homme et des libertés fondamentales». Cet impératif est d’ordre public pour le Conseil, comme pour les parties prenantes.
Dans cette optique, le Conseil supérieur de la liberté de communication est, donc, le cadre approprié pour atteindre cet objectif noble pour le crédit de notre pays dans le concert des nations.
A la lumière de ce qui précède, votre respectable organisation pourrait, si possible, se faire le devoir citoyen de relayer l’action du Conseil, en se rapprochant des journaux «La Voix du Peuple» et «Le Glaive», en vue de les persuader à respecter les règles déontologiques et les prescriptions des lois et règlements en vigueur en matière de liberté de la presse, d’une part, et de l’autorité des décisions exécutoires de justice, d’autre part.
Je vous prie de croire, Monsieur, en l’expression renouvelée de mon profond respect et de ma franche collaboration».