Concertation politique nationale : Les propositions de l’opposition congolaise

Note utilisateur:  / 0
MauvaisTrès bien 

Dans une conférence de presse tenue à Brazzaville, le jeudi 1er décembre dernier, le collège des présidents du F.p.o.c (Front des partis de l’opposition congolaise) a fait savoir ses propositions relatives à la tenue de la concertation politique qu’entend organiser le gouvernement, pour mieux préparer les élections législatives de 2012. Voici ci-après, un large extrait du propos liminaire du Front, lors de cette conférence de presse.

Le Congo, notre pays, organise en 2012, de nouvelles élections législatives. Dans l’irrésistible avancée vers les dites élections, une question fondamentale préoccupe le peuple congolais en général, les militants et sympathisants des partis politiques de l’opposition congolaise et les observateurs avertis en particulier, à savoir: quel genre d’élections vivra-t-on en 2012? Des élections libres, transparentes et démocratiques ou, comme d’habitude, une mascarade, sinon une parodie d’élections?
Il sied de rappeler, ici, que la convention du Front des partis de l’opposition congolaise, tenue à Brazzaville en avril 2011, s’était amplement penchée sur cette question. Elle s’était inquiétée, à l’époque, de la qualité du recensement administratif que le gouvernement se proposait d’organiser, la qualifiant de recensement administratif spécial déguisé, duquel devait être tiré le corps électoral. Cette convention avait, à ce sujet, recommandé la prise d’une déclaration exigeant l’arrêt immédiat de cette opération et l’organisation dans un délai raisonnable, d’un véritable recensement administratif spécial qui associerait les partis politiques, afin de déterminer, de façon consensuelle, le corps électoral.
Cette déclaration du Front a été remise au ministre de l’intérieur et de la décentralisation, le 14 mai 2011, lors d’une audience au cours de laquelle le ministre a, notamment:
1- défendu mordicus que l’organisation du recensement administratif est une prérogative du gouvernement;
2- annoncé la tenue d’une concertation politique au courant du mois de juin 2011, afin d’aborder les questions relatives à l’organisation des élections législatives de 2012;
3- informé la délégation du Front de la réalisation, au courant du mois de novembre 2011, d’un recensement administratif spécial, qui associera les partis politiques, aux fins de la détermination consensuelle d’un corps électoral fiable.
Devant l’urgence, la volonté du Front de respecter les délais constitutionnels, la non tenue de la concertation politique annoncée pour le mois de juin 2011 et le silence observé par le gouvernement, le Front sollicitera une nouvelle audience auprès du ministre de l’intérieur et de la décentralisation, ses préoccupations n’ayant pas toujours été prises en compte par le gouvernement à savoir: le dialogue Pouvoir/Opposition, le recensement administratif spécial. Cette audience fut accordée le 8 novembre 2011. Au cours de celle-ci, le ministre a:
- insisté sur la volonté du gouvernement d’organiser, en 2012, des élections législatives à la fois transparentes et apaisées;
- annoncé l’application imminente de la loi sur les partis politiques;
- proposé que la concertation politique se tienne à Ewo ou à Pointe-Noire;
- déclaré qu’à l’issue de cette concertation politique, le Ministère de l’intérieur lancerait, à partir du 1er décembre 2011, une opération de révision extraordinaire des listes électorales;
- affirmé que les problèmes relatifs au découpage électoral et à la restructuration de la Conel seront également évoqués au cours de cette concertation politique.
Réagissant aux propos du ministre, la délégation du Front a:
1- relevé, avec force, la nécessité de réaliser un recensement administratif spécial, opération non inédite dans notre pays, dans la mesure où elle a déjà été réalisée en 1996 et en 1997, et avait associé tous les partis politiques, aux fins de déterminer, de façon consensuelle, le corps électoral;
2- souligné l’urgence de revoir fondamentalement le découpage électoral, car la situation actuelle se caractérise par son effet déformant, suite à la minoration du nombre de circonscriptions électorales dans les zones les plus peuplées, et leur majoration dans les zones moins peuplées. A titre d’illustration, des localités moins peuplées comme Epéna avec 17.000 habitants, Mvouti avec 18.000 habitants, Ewo avec 20.000 habitants, Ollombo avec 21.000 habitants, ont chacune deux circonscriptions électorales au même titre que Mindouli qui a 53.000 habitants, alors que des localités plus peuplées comme Ngabé avec 30.000 habitants, Loudima avec 32.000 habitants, Kinkala avec 34.000 habitants, Mouyondzi avec 36.000 habitants, Madingou avec 63.000 habitants, et Nkayi avec 72.000 habitants n’ont, chacune, qu’une seule circonscription électorale;
3- insisté sur la nécessité et l’urgence de mettre en place une commission électorale véritablement indépendante.
Après le compte-rendu fait par la délégation du Front, le collège des présidents du Front a, au cours de sa réunion extraordinaire tenue à Brazzaville, le 30 novembre 2011, arrêté ce qui suit: 1- sur le lieu de la tenue de la concertation politique:
Au regard des préoccupations qui ont toujours été les siennes, relatives à la rigueur et à la discipline budgétaire, à la réduction du train de vie de l’Etat, aux nombreux défis et problèmes à résoudre, sans oublier les problèmes de sécurité, le collège des présidents du Front demande au gouvernement de tout mettre en œuvre, pour la tenue, à Brazzaville, de cet important rendez-vous. Le collège des présidents propose que les sommes financières qui semblent ainsi disponibles et qui auraient pu servir à la délocalisation de cette concertation politique, puissent être utilisées dans les domaines sociaux tels que la santé (amélioration urgente de la situation du C.h.u et autres structures sanitaires), l’éducation (équipements des laboratoires à l’Université, achat des tables-bancs pour les écoles...), l’emploi des jeunes, la situation des retraités.
2- sur la mise en place d’une commission préparatoire:
Le collège des présidents du Front rappelle qu’en 2009, en dépit de l’issue que nous avons tous déploré, le premier ministre Isidore Mvouba avait accepté et mis en place, à la demande de l’Opposition congolaise, une commission préparatoire de la concertation politique. Dans ce cadre, le Front a écrit au ministre de l’intérieur et de la décentralisation en date du 17 novembre 2011, pour la mise en place d’une commission préparatoire de la concertation politique, au sein de laquelle seront déterminés, de façon consensuelle, les quotas de participation, la date de la tenue de cette concertation ainsi que son ordre du jour.
3- sur l’apaisement du climat politique: pour le collège des présidents, cet apaisement exige que tous les problèmes soient réglés par le dialogue et non par le diktat. Il demande au gouvernement d’abandonner tout diktat et de revenir au dialogue.
4- sur le chronogramme: pour éviter, comme lors des échéances passées, d’évoquer les délais et le manque de temps pour réaliser, dans les délais constitutionnelles, les élections législatives de 2012, le collège des présidents du Front propose le chronogramme suivant:
- du 8 au 11 décembre 2011: mise en place de la commission préparatoire;
- du 15 au 20 décembre 2011: tenue à Brazzaville de la concertation politique;
- du 21 au 31 décembre 2011: préparatifs du recensement administratif spécial;
- courant janvier 2012 (date à déterminer): lancement du recensement administratif spécial dont la durée de réalisation ne dépasserait pas les trois mois...

Informations supplémentaires