50ème anniversaire de l’ordination épiscopale de Mgr Théophile Mbemba : Mgr Milandou a rendu hommage au premier évêque autochtone de Brazzaville

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11 février 1962-11 février 2012, il y a 50 ans que Mgr Théophile Mbemba, premier archevêque autochtone de Brazzaville était ordonné évêque, au stade Félix Eboué à Brazzaville. A l’occasion de cet anniversaire, l’archevêque, Mgr Anatole Milandou, a rendu hommage à un prélat qui  avait une grande dévotion mariale et qui fut sensible au sort de la veuve, de la jeunesse et de l’enfance. C’était au cours de l’homélie qu’il a prononcée samedi 11 février, au cours d’une messe sur la place mariale, durant laquelle il a ordonné dix-huit prêtres. Voici ci-après, un large extrait de son homélie.

«Il y a huit mois, nous célébrions le quarantième anniversaire de la mort de Mgr Théophile Mbemba. Aujourd’hui, jour pour jour, nous nous souvenons des 50 ans de son ordination épiscopale, qui fut célébrée exactement le 11 février 1962, au stade Eboué de Brazzaville, le jour de la fête de Notre-Dame de Lourdes. A la même occasion, nous appelons à l’ordre presbytéral 18 jeunes diacres dont 14 de l’archidiocèse de Brazzaville, 3 franciscains et 1 trinitaire.
Célébrer le cinquantième anniversaire de l’ordination épiscopale de Mgr Théophile Mbemba pourrait susciter des questions de compréhension: il est déjà mort, pourquoi nous rappeler le jour de son ordination épiscopale? N’est-il pas mieux indiqué de se souvenir de la naissance ou de la mort de quelqu’un? Pour les saints, c’est le jour de leur entrée au ciel qui est mis en évidence, d’ailleurs ...
En effet, il est assez rare de se souvenir d’un tel événement. Mais, pour le cas de Mgr Théophile, une raison fondamentale nous y pousse. C’est au président Fulbert Youlou que je fais appel pour nous en donner le sens: «Premier évêque africain du Congo, Mgr Mbemba est aussi le plus pur symbole de la réussite de l’Eglise sur notre terre congolaise. L’élève, le disciple, désigné par la Providence, est devenu le guide et le pasteur d’un peuple. Par là même, l’Eglise se grandit, à son tour et pour elle, les plus vastes perspectives s’ouvrent au Congo, dans la confiance et l’harmonie qu’elle a su répandre et qui lui reviennent en retour». (Discours prononcé par Mr l’abbé Fulbert Youlou, le 11 février 1962).
Ces mots du premier président de la République du Congo nous aident encore, aujour-d’hui, à réaliser le pas qui a été marqué dans l’évangélisation de notre pays. En effet, avoir parmi les membres de l’épiscopat de l’époque, un indigène, était non seulement une fierté, mais également un encouragement pour les vocations autochtones. C’est un héritage qu’il faut gérer avec sagesse et dignité. Cela doit être l’affaire de tout le monde. Il est, certes, vrai que l’Eglise est universelle. Mais, cette universalité débouche aussi sur une intériorisation du message évangélique par tous ceux qui le reçoivent.
L’intériorisation requiert un engagement concret et prometteur. Le Pape Benoît XVI vient de nous le rappeler, dans Africae munus (comme avant aussi dans Ecclesia in Africa): «L’engagement de l’Afrique pour le Seigneur Jésus-Christ est un trésor précieux que je confie, en ce début de troisième millénaire, aux évêques, aux prêtres, aux diacres permanents, aux personnes consacrées, aux catéchistes et aux laïcs de ce cher continent et des îles voisines. Cette mission porte l’Afrique à approfondir sa vocation chrétienne» (Africae munus, n°1).
Dans une Afrique contrastée et en proie à de nombreux défis, il faut des pasteurs capables de paitre le troupeau, des hommes et femmes honnêtes susceptibles d’être des «ambassadeurs du Christ dans l’espace public, au cœur du monde». Il faut avoir l’attention à l’autre; c’est ce que révèle l’évangile que nous venons d’écouter, évangile qui révèle le cœur compatissant de Jésus qui a pitié des foules et les guérit. Il multiplie pour elles le pain pour étancher leur faim matérielle et spirituelle. Mgr Mbemba eut aussi un cœur compatissant. Il eut pitié de la veuve maltraitée, il eut pitié de notre jeunesse et enfance «révolutionnaires» qui commençaient à sombrer dans les antivaleurs.
Cette date de la fête de Notre-Dame de Lourdes ne fut pas choisie par hasard. Mgr Mbemba avait une grande dévotion pour Marie. «Esto Materpropitia» était sa devise épiscopale, «Soyez-nous secourable, ô Mère». C’est pourquoi il avait choisi d’être ordonné évêque ce 11 février 1962.
Marie, qui avait aussi un cœur maternel, avait été touchée par le manque de vin qui allait gêner les époux. «Ils n’ont plus de vin», réclame la Vierge Marie à son fils, notre Seigneur Jésus-Christ. Tout en soulignant que son heure n’est pas encore venue, le Christ va accéder tout de même à la demande de sa mère. Cette dernière va rassurer les disciples et ceux qui sont à la fête: «Faites tout ce qu’il vous dira».
Ainsi, en invitant les serviteurs à faire tout ce que dira le Seigneur, c’est à l’abandon total et confiant entre les mains de Dieu que Marie appelle ceux qui se mettent à la suite de son fils.
Cette invitation de Marie ne concerne pas seulement les prêtres, religieux et religieuses. Ce sont tous les chrétiens qui sont invités à la confiance en Dieu. Beaucoup de situations dans notre vie requièrent l’éclairage de Dieu.
Mgr Théophile Mbemba, à son époque, a épinglé, avec beaucoup de clarté, le problème de la famille, surtout sur le veuvage. Il convient de reconnaître que beaucoup de progrès ont été réalisés dans le sens du bon traitement qu’il importe d’accorder à la veuve. C’est donc positivement que les chrétiens et les hommes de bonne volonté ont répondu à l’appel de leur Pasteur. C’est vrai que tout n’est pas que rose depuis la publication de sa lettre sur ce phénomène social. Cependant, beaucoup d’éléments positifs sont constatés, avec bonheur, ici et là».

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